Je crois que je vais faire un blog...

vie et moeurs d'une jeune goudoue in heteroland... reflexion intense, procrastination démente, engagement furieux, contemplation, dégustation, inspiration.

28 octobre 2007

This is England

This_is_EnglandDe Shane Meadows, avec Thomas Turgoose, Stephen Graham, Jo Hartley...

J'ai trouvé à ce portrait de l'Angleterre de 1983 un parfum très contemporain. Peut-être est-ce juste dû à la mode vestimentaire de l'époque, qui revient en force depuis quelques saisons, ou, moins futilement, à cause de la guerre d'Irak qui traumatise notre décennie aux Etats Unis.

En tous les cas, c'est un portait social d'une grande force, et d'une grande violence, brossé à travers le regard d'un jeune garçon, d'un encore petit garçon a-t-on même envie d'écrire tant sa bouille juvénile contraste avec les milieux qu'il en vient à fréquenter.

On pense à Ken Loach et Sweet Sixteen, pour le décor, pour l'ambiance, pour le contexte, mais aussi, à Tony kaye et American History X, pour la violence, le racisme et les skin. 

Quoi qu'il en soit, c'est surtout un film d'une grande beauté, brutale et rugueuse certes, mais d'une une grande beauté tout de même. Sans parler d'ailleurs de celle de la jeune Punk qui tond la tignasse du petit...

 

Posté par polysemie à 12:08 - Polysémie va au cinéma - Commentaires [5] - Permalien [#]

22 octobre 2007

Jubilons ensemble

Entendons-nous bien, je vomis Sarkozy, sa politique d 'immigration, sa politque économique, fiscale, sociale,  sociétale, sa médiatisation, sa peoplisation, ses méthodes, sa violence, sa démagogie, son nationalisme, son agressivité. Tout en bloc, je vomis.
Tout en bloc, sauf... sa réforme des retraites, et plus précisément, sa réforme des régimes spéciaux.

Depuis des décennies maintenant, les gouvernements successifs cherchent à assurer la pérennité du financement du système des retraites en France. Depuis des décennies, les régimes spéciaux des milieux socioprofessionnels les mieux syndiqués échappent à cet effort de financement et de rationalisation, au seul moyen d'un bras de force social, dont, compte tenus des moyens structurels dont ils disposent (transports, énergie), ils ressortent vainqueurs.
J'espère sincèrement que ce ne sera pas le cas cette année.

La réforme de 2003 avait épargné les régimes spéciaux. En dehors de la Fonction Publique d’Etat, cela concernent 6,4% des pensions versées. Ces régimes sont équilibrés grâce à des subventions ou des taxes affectées.

Aujourd'hui, les salariés de la SNCF par exemple invoque la pénibilité de leur travail pour préserver leurs conditions dérogatoires de départ à la retraite. Il faut rappeler que l'âge moyen de départ à la retraite pour un employé de la SNCF est de 55ans; il faut rappeler également que l'âge moyen au décès des employés de la SNCF est de 80,1ans. Il est donc manifeste que l'espérance de vie des cheminots, n'est plus, comme par le passé affectée par les conditions de leur profession.

A titre indicatif, celle d'un ouvrier du secteur privé, qui sera parti à la retraite entre 60 et 64ans, n'atteint pas les 70ans...

En outre, la démographie dans la plupart de ces secteurs laisse attendre une baisse de cotisants et une augmentation du nombre de pensionnés. Ainsi, pour les Industries Electriques et Gazières, on compte aujourd’hui 1,14 cotisant pour 1 pensionné, et on passera à 0,81 cotisant pour 1 pensionné en 2020. Il faut donc bien admettre que de plus en pus, ces régimes spéciaux auront besoins de financements extérieurs pour assurer les pensions de leurs retraités.

Il me semble aberrant qu’en 2007, après des années et des années d’alerte sur l’état des comptes de la Sécurité Sociale, certains continuent à défendre aussi farouchement des « acquis » d’un autre âge. Il me semble d’ailleurs tout aussi aberrant de considérer ces conditions qui ne sont ni plus ni moins que des avantages certains comme des « acquis » justement. Tout évolue. Leur profession a évolué, la société a évolué, l’économie a évolué, la démographie a évolué, il est normal, et nécessaire que les régimes spéciaux évoluent aussi.

C’est une question d’équité sociale. Si l’on accepte que les employés de la SNCF partent à la retraite à 55 ans, il faudrait alors le permettre aussi pour les ouvriers du BTP, vous savez le couvreur de 57ans qui monte encore sur son toit, en plein hiver, par –5 degrés ? Eh bien oui, du moment qu’il ne pleut pas, du moment qu’il ne neige pas, il faut bien travailler ! Il faudrait le permettre aussi par exemple pour les employés des péages autoroutes, vous savez, ce qui passent leur nuit, inconfortablement assis dans leur cabine exiguë, à attendre l’automobiliste ou le chauffeur routier nocturne ? Ce n’est pas de la pénibilité du travail, tout cela, peut être ? Sauf que c’est impossible que tout ce monde-là ne cotise que 37,5ans. On criera au nivellement par le bas. Alors qu'il s'agit de réalisme. Pas besoin de voter à droite pour en être convaincue. J'irais même jusqu'à dire que ce genre de débat s'affranchit de toute appartenance politique.

La durée de cotisation reste le seul paramètre sur lequel nous disposons d’une certaine marge de manœuvre pour assurer l’avenir des retraites en France : il est en effet impossible de baisser le niveau des pensions (le taux de remplacement moyen aujourd’hui n’est déjà plus qu’à 69%) , tout autant que d’augmenter le niveau des cotisations sociales (qui sont en France parmi les plus élevées d’Europe et l’objet de bien des contestations déjà). Alors on fait comment, si on ne loge pas tout le monde à la même enseigne ? J’entends déjà hurler sur le régime des parlementaires. Mon sentiment vis à vis d’eux est le même : les pensions accumulées qui leur sont versées sont aberrantes. J’espère follement (et illusoirement sans doute, mais c’est un autre débat) qu’on les rationnalise aussi. Cependant, il convient de rappeler que le ratio de population concerné par ce régime des parlementaires est tout de même sensiblement inférieur à celui de la SNCF, de la RATP, des IEG et de l’Armée cumulés.

Finalement, je trouve que le véritable échec de la démocratie sociale il vient de nous directement : qui préfèrons visiblement gaspiller notre temps et notre énergie dans de vains combats, à défendre d’antiques privilèges, plutôt que de nous pencher sur les vraies menaces portées par ce gouvernement : la réduction du nombre de professeurs, la fermeture des tribunaux, cet imbécile système des heures supplémentaires défiscalisées, la dépénalisation des délits financiers au sein de l’entreprise, l’immigration et les tests ADN, tout ce qui vraiment, réellement, met en péril notre équilibre; bien plus que le confort bafoué de ce qui reste une minorité.

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17 octobre 2007

Double anniversaire

Ces 23 ans auront décidément été marquants.
Yanis, notre 2ème neveu, est né cet après midi, à 13h45.
C'est un grand et gros bébé, de 4,5kg et de 52cm.
Il nous tarde de le voir.

Posté par polysemie à 23:21 - Polysémie fait des bétises - Commentaires [2] - Permalien [#]

16 octobre 2007

Ô Vieillesse ennemie!

On mesure son degré de vieillesse à l'âge de ses plus anciens souvenirs.
J'ai eu le choc de constater, tout à l'heure, en pensant au prochain anniversaire de ma soeur, que mes plus vieux souvenirs avaient désormais passé la barre des vingt ans. Certes, j'ai une mémoire d'éléphant, il paraît, certes, j'ai même des souvenirs encore un peu plus vieux puisque que les tous premiers jalonnent ma troisième année, entre mon deuxième et mon troisième anniversaire donc. Mais ceux là n'étaient jusqu'alors pas datés. Désormais ils le sont.  Je me souviens très bien  des cadeaux reçus pour mes trois ans, je me souviens très bien de la naissance de ma soeur.

J'ai des souvenirs de vingt ans.
Déjà, j'avais eu du mal à admettre le fait d'en avoir des vieux de 10ans. Je me souviens, à l'époque ça m'avait paru complétement dément de pouvoir dire: Il y a dix ans je... Mais à ce moment là, je pouvais bien voir le chemin parcouru. Entre 3 et 13ans, aucune comparaison, n'est-ce pas, on sent bien qu'il s'en est passé des choses. Mais entre 13 et 23 ans finalement, si peu... Un amour évidemment, et quelques diplômes, soit. Mais il y a dix ans, devant le miroir, c'était déjà le même visage, le même corps, même taille, même poids (ou presque), même couleur de cheveux, mêmes centres d'intérêt. Pas le même style, je vous accorde, et vous rassure sur ce point: j'ai remisé aux oubliettes Kickers et marinière de collégienne.
Mais le pire peut être, c'est de réaliser que "Babylou", la peluche que m'avait offert ma mère au matin de mes trois ans, et que j'avais longuement observée du haut du grand escalier, demeure dans ma mémoire comme si je l'avais reçue hier... Vingt ans ne sont donc que cela? Vingt ans ne sont donc si peu?

J'ai des souvenirs de vingt ans, et demain, c'est officiel: je commence à être vieille.



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15 octobre 2007

"Je ne vous parlerai pas d'elle..."

Quand Emy a écrit qu'Elixir avait de la chance de m'avoir, j'ai voulu tout de suite rectifier, et dire à quel point c'était bien plutôt moi qui avais de la chance d'être aux côtés d'Elixir, et vous expliquer, un peu, pourquoi...

Je cherche les mots depuis des jours, pour vous faire comprendre que... pour vous raconter comme... pour essayer de décrire un peu ce qu'elle...
L'écrit est pourtant si facile d'ordinaire.
J'ai tellement tendance à croire que tout est descriptible, que tout est dicible, que tout se transmet.
Tout mais pas elle. Pour elle il n'y a pas de mots, il n'y a que des mots de trop.
Alors non, décidément, je ne vous parlerai pas d'elle.

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09 octobre 2007

Les proses noires du chat (6)

Je suis le chat, en bas de l’échelle, qui la regarde, monter vers le ciel.
Si elle retombe, je me romps,
Si elle s’envole, je m’efface.

Jamais elle ne se retourne,
Quand elle lève la tête, l’échelle vacille,
Et elle enfonce ses dents dans les barreaux.
Quand elle baisse les yeux, je ronronne au pied du mur,
Et elle ravale le sang au fond de sa bouche.

Sa vie derrière elle est tombée de sa poche
Et comme une pelote de laine se défile jusqu’à moi.
Tendant les griffes, je m’en amuse, j’en tire le fil jusqu’à son cri.

Elle ferme les yeux, souvent, pour ne pas voir,
Tendues de son passé,
Les outres pleines qui se crèvent une à une.

Elle tourne la tête, parfois, pour ignorer,
Dressés depuis le sol,
Les lambeaux blancs des évidences qui l’abandonnent

Elle a peur, elle a froid, elle est loin, elle monte encore
Et je m’étends à terre.

Quand ses os se figent, quand son souffle se perd, elle monte encore
Et le soleil m’échauffe les flancs.

Elle ne voit pas
Elle n’y pense pas
Elle ne comprend pas,
Pourtant je sais
Qu’il n’y a pas de sommet à son échelle.

Que les barreaux s’accumulent à mesure qu’elle les passe
Que des écrans dissimulent ce qui lui reste à franchir
Et qu’elle est condamnée à ne jamais s’arrêter.

Elle ne sait pas ce qu’elle y trouvera,
Moi je sais que je n’y serai pas.
Elle n’est pas sûre de pouvoir aimer ce qu’on lui a promis
Elle n’ignore pas qu’elle n’a pas réellement tout choisi
Souvent la crainte la tord d’avoir trahi.

Je suis le chat, en bas de l’échelle, qui la regarde, monter vers l’enfer.

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08 octobre 2007

Un Secret

un_secretDe Claude Miller, avec Julie Depardieu, Ludivine Sagnier, Cécile de France, Patrick Bruel, Mathieu Amalric...

Le plus beau film que j'ai pu voir en cette rentrée 2007 je crois. Pour l'histoire, avec un petit h et un grand H, pour les acteurs, pour les émotions que ces thématiques n'ont pas manquées de réveiller en moi.

Le secret de famille, dense et inconsciemment palpable par l'enfant vient ici se faire l'écho d'une des plus grandes douleurs du siècle. La fin est particulièrement saisissante avec cette longue énumération de prénoms dont on sait trop bien ce que leur origine religieuse leur a coûté. Ce film vient rappeler, encore une fois, mais c'est tellement nécessaire, la plaie béante qu'a laissée dans notre mémoire collective le génocide industriel des Juifs par les Nazis.

Ludivine Sagnier est admirable dans son rôle, à contre emploi de ses personnages habituels, Julie Depardieu est comme toujours remarquable.

Posté par polysemie à 10:45 - Polysémie va au cinéma - Commentaires [1] - Permalien [#]

07 octobre 2007

Echec et...

L'échec est une petite musique lancinante qu'il faut savoir déchiffrer pour mieux l'appréhender.
L'échec est une petite musique personnelle qui ne parle qu'à soi et qu'on ne peut partager.
L'échec est une petite musique effrayante qu'il faut savoir oublier pour pouvoir continuer.
L'échec est une petite musique métallique qui raye un peu vos nuits et qui s'assène sur vos matins.
L'échec est une petite musique banale qui n'arrive pas qu'aux autres.
L'échec est une petite musique tenace, en mode mineur, qui trouve rapidement sa place au fond de vous.
L'échec est une petite musique vorace qui engloutit vos humeurs et digère placidement vos ambitions.
L'échec est une petite musique honteuse qui vous fait rougir en société.
L'échec est une petite musique inédite dont je viens de faire la connaissance.

Posté par polysemie à 12:12 - Polysémie va (aussi) à l'école - Commentaires [7] - Permalien [#]



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