05 décembre 2007

Au bout de 5 ans aussi

Finalement, il m'aura fallu 5 ans aussi pour pouvoir "le" dire sans avoir le coeur qui s'emballe, le bout des doigts qui se gèle instantanément, les bouffées de chaleur qui montent à la tête et les tremblements dans le ventre.
Pouvoir "le" dire sans réfléchir, sans me demander comment cela va être pris. 
Je ne sais pas si c'est moi qui grandit, si c'était le contexte qui faisait que j'étais à des lieux de ce genre préoccupations, ou juste la sagesse communicative de mon interlocutrice, mais toujours est-il que pour la première fois hier, j'y suis arrivée, naturellement:

"- Mais alors qu'est-ce qu'il fait ton chéri???
- D'abord ce n'est pas mon chéri mais ma chérie
- Ah bon, ben je savais pas!
- Ce n'est pas grave...
- Bon alors qu'est-ce qu'elle fait ta chérie???"

Et je suis fière de moi, parce que le dire à une femme est ce qu'il y a de plus dur, parce que le dire à quelqu'un qui risque d'avoir un minimum de pouvoir sur moi m'avait toujours fait hésiter, parce que le dire à quelqu'un qui n'est pas de ma génération m'avait toujours fait reculer, parce que le dire aussi rapidement et clairement, je n'en avais jamais été capable.

Posté par polysemie à 17:43 - Commentaires [7] - Permalien [#]


Commentaires sur Au bout de 5 ans aussi

    Bonjour Polysemie,

    Tu as raison d'être fière de toi car tu as pu affronter ta peur.
    Cela t'a libéré d'un certain poid et tu peux ainsi continuer ta route en te sentant plus légère.

    Bonne soirée

    Posté par kattig, 05 décembre 2007 à 18:14 | | Répondre
  • en même temps, là t'es tombée sur quelqu'un de cool apparemment...

    Posté par Esther, 05 décembre 2007 à 18:26 | | Répondre
  • Bravo

    Ben voilà, on y arrive toutes finalement à parler et plus on le fait, plus ça devient facile et naturel. Félicitations ! (pour ce cap franchi et pour tes proses...)

    Posté par Zéline, 05 décembre 2007 à 18:52 | | Répondre
  • Oui, on franchit toutes des étapes. Moi, c'est avec les gens qui me connaissent depuis très longtemps que j'ai le plus de mal à le dire. Ceux qui m'ont connue avant que je ne vive avec une femme, ceux qui m'ont connue ensuite quand je ne le disais pas... Avec les jeunes de ta génération, c'est très facile. Avec des gens officiels, genre, banquiers, médecins, maintenant j'y arrive un peu mieux, mais parmi mes collègues, il y en a dont je préfère qu'ils ne connaissent pas ma vie privée, d'ailleurs, je me fiche de la leur. Et puis il y a les élèves...

    Posté par Ed, 05 décembre 2007 à 20:02 | | Répondre
  • "Très facile",Ed, je n'en suis pas si sûre. Notre génération est plus à même de l'entendre, mais pas forcément de l'accepter. Des exemples d'homophobes de mon âge, j'en ai, malheureusement...

    Posté par Virgibri, 06 décembre 2007 à 12:53 | | Répondre
  • j'ai connu aussi les bouffées de chaleur et je me rends compte que maintenant, je n'ai aucun problème à le dire, par contre j'ai plus de difficultés à entendre certaines réponses qui ne se veulent pas agressives mais sont bien idiotes quand même ("ah bon mais tu en as parlé à un psy?", "oui mais toi ça va, ça se voit pas", ...)

    mais s'il n'y avait pas les élèves comme le dit Ed (et surtout leurs parents dans mon cas), je pense que je n'y ferais plus trop attention

    Posté par touk-touk, 06 décembre 2007 à 18:41 | | Répondre
  • Je voulais dire que moi, en tant que vieille, je n'ai jamais peur de choquer un jeune de votre âge. Peut-être que leurs réactions "internes" sont négatives, mais je n'en ai jamais eu l'écho. En tous cas ça m'impressionne moins que d'en parler à des gens que j'aime bien mais qui ont mon âge ou sont plus vieux que moi, car pour ma génération, l'homosexualité, et surtout féminine, "ça n'existait carrément pas avant les années 80 !"

    Posté par Ed, 06 décembre 2007 à 23:01 | | Répondre
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