Je crois que je vais faire un blog...

vie et moeurs d'une jeune goudoue in heteroland... reflexion intense, procrastination démente, engagement furieux, contemplation, dégustation, inspiration.

28 janvier 2008

Insomnia

L'insomnie m'obsède et j'ai peur qu'elle m'achève.
Une heure de "petit latin" bouclée de deux à trois puisque je m'écroulerai à six heure, cela tient presque du surréalisme, c'est pourtant récurrent.
La nuit je ne dors pas et il fait froid sous ma peau. L'envers de mes paupières me brûle et se brouille, ma tête est lourde et bascule, mais je ne dors pas. Mon corps trop souvent refuse net, en dépit de la fatigue, en dépit de l'obscurité et des lendemains matinaux, de se laisser choir, engourdir dans la torpeur et la tranquillité qui m'enlève Elixir à mes côtés. Depuis l'enfance régulièrement, mes sens opposent une résistance de principe, que je subis, à cette absence à moi-même qu'est le sommeil. Après avoir tant lutté pour rester toujours éveillée, on en arrive un jour à lutter pour encore parvenir à sombrer.
Il fait nuit depuis longtemps, mais je ne dors pas. Et pourtant je déteste cet état, cette conscience presque somnambule, terreau des angoisses les plus diffuses, et insondables, la solitude dense de la nuit, l'absence à la raison qui la rend inutile.

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23 janvier 2008

Into the wild

Into_the_wildDe Sean Penn, avec Emile Hirsch, Marcia Gay Harden...

C'est l'enthousiasme juvénile de la Petite qui m'a convaincu d'aller voir ce film.
Et je crois qu'outre la splendeur de ce chef d'oeuvre, ce qui me touche énormément, c'est de partager son enthousiasme. La Petite devient cinéphile, on dirait, et c'est tant mieux...

Le film de Sean Penn a raisonné au plus profond de moi, et tombait singulièrement au bon moment. Comme quoi les affres des jeunes diplômés ne sont pas choses si particulières. Après, il y a ceux qui les subliment, certes, et les autres, dont je suis, qui admirent seulement ceux-là.

Je ne sais pas comment vous dire d'y aller, d'y courir, d'en sortir, d'y retourner, et de vous perdre, dans la blancheur de l'Alaska, dans la violence des rapides, dans la poussière des routes, dans les regards des gens de passage, dans la force des éléments, dans la peur, dans la survie, dans la vanité de la condition humaine, et dans cette musique...

Je peux vous montrer quelques images, qui ne restituent évidemment pas les écrans à couper le souffle qui défileront sous vos yeux dans la salle, un lien, qui ne saura évidemment pas vous faire comprendre tout le bien qu'il devrait dire de lui, quelques notes... si peu de chose. Alors juste, faites-moi confiance, et faite confiance à la Petite, allez-y.

L'avis de Pascale, évidemment...

Into_the_wild1

Into_the_wild2

Into_the_wild3






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18 janvier 2008

It's a free World

Its_a_free_worldDe Ken Loach, avec Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek...

D'habitude, j'aime beaucoup Ken Loach, enfin, Ken Loach et ses personnages. Là, j'aime toujours Ken Loach, évidemment, mais les personnages mis en scène dans son dernier film m'ont fait autant d'effet qu'un banc de poissons froids. Sauf le grand père, seul témoin d'humanité incarnée dans cette histoire.

Pas un instant on ne s'attache à Angel et Rose, qui demeurent lâches, et faibles, et mesquines, du début à la fin du film.
Comme quoi, on a encore besoin de héros...

Le propos est juste, mais noir, et on s'y enferme, tellement peu d'espoir, pas d'espoir du tout même. Pas d'humanité ailleurs que dans ce vieil homme qui ne reconnaît plus sa fille, que des relations marchandes, violentes, et qui n'évoluent pas, ou alors en cercle fermé.

Finalement je reste sèche, sur un film réussi, mais qui ne m'évoque rien.

Toutefois, Pascale et Ed sont plus dissertes, et plus enthousiastes que moi!

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17 janvier 2008

Live

Zazie421Après un concours passé sans conviction et certainement raté, mais qui a eu le mérite de me remettre les idées en place, nous sommes allées à son concert, dans une petite salle du Pasino d'Aix en Provence, et ma foi, c'était plutôt rafraichissant...

Outre ses chansons qui me plaisent en général, Zazie à un ton, et une grace qui m'émeuvent, surtout en public. L'interprétation live de Je suis un homme était particulièrement magistrale, et ressemblait presque à une gifle qui nous était à tous adressé, derrière les sourires... Certains cris m'ont tordu le ventre et le fameux "et je n'ai rien fait!" lapidaire m'a fait monter les larmes aux yeux...

Il faut noter aussi que les concerts de Zazie sont de véritables meating de goudoues. La faute à sa dégaine rock n' roll sans doute, à Adam&Yves bien sûr et l'ambiguïté qu'elle dégage malgré elle aussi. C'était amusant toutefois de se sentir presque en majorité ailleurs qu'à la gay pride ou que dans des lieux estampillés LGBT.

Enfin il faudrait l'écrire pour tout à fait être honnête: qu'est-ce qu'elle est...

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09 janvier 2008

Sécurité émotionnelle, insécurité civique

En 2003, dans l’Insécurité sociale – Qu’est-ce qu’être protégé ? Robert Castel remarquait déjà qu’ « il est significatif en tous cas, comme la situation politique en France l’illustre en ce moment même, que la demande de sécurité se traduise immédiatement par une demande d’autorité qui, si elle est livrée à ses propres emballements, peut menacer la démocratie ».

En 2007, cette demande d’autorité s’est matérialisée incontestablement par l’élection du ministre de l’intérieur le plus autoritariste et usant de la rhétorique sécuritaire la plus violente à la présidence de la République.

En 2008, on nous propose, sans se soucier le moins du monde des libertés fondamentales construites depuis 200ans dans notre démocratie, de rajouter à la sanction du juge, la sanction d’une commission d’enquête pour éloigner les individus considérés dangereux de la société. Avant la Révolution, on appelait cela les « lettres de cachet »…

Monsieur et Madame Michu en sont bien aise, et, même si insistent-ils ils n’ont pas vraiment voté pour Sarkozy en mai dernier, là, ils trouvent que c’est une bonne idée quand même. Parce que ce n’est tout de même pas normal qu’un salopard qui a enlevé et violé une petite fille se retrouve en liberté et prèt à recommencer 10 ou 15 ans plus tard!

Certes. Monsieur et Madame Michu sont humains, trop humains, comme vous, comme moi. Et pensent d’abord avec leurs tripes, surtout quand ils songent par exemple à leurs propres enfants ou petits enfants. Ce sont dès être émotifs, et de fait face à de tels faits divers, émus. On ne peut leur en vouloir.

Mais le Président de la République n’est pas élu pour se faire l’écho des émotions individuelles. Et le Juge n’est pas là pour venger les victimes mais pour rétablir la justice, selon la loi.

L’idée de prolonger la peine des détenus, sur décision discrétionnaire d’une commission d’experts, par l’enfermement dans des centres de sécurité pour prévenir les récidives pose successivement plusieurs problèmes.

Un problème de démocratie évidemment.
Il y a trois pouvoirs en France, législatif, exécutif et judiciaire, qui se contrôlent et se limitent entre eux En rajouter un quatrième revient à bouleverser cet équilibre fragile et par conséquent à menacer directement nos libertés fondamentales. C’est nier le discernement du Juge et sa capacité à rendre justice. C’est nier la pertinence de la loi et sa capacité à régenter la société. C’est remettre entre les mains de quelques uns seulement le pouvoir de décider de la liberté d’autrui. Et c’est évidemment condamner autrui à la réclusion à perpétuité puisque pas un psychiatre ne voudra avoir la responsabilité de la remise en liberté d’un potentiel récidiviste, comme le soulignait justement Hélène Jouan hier matin sur France Inter.

C’est aussi un problème de fonctionnement des institutions.
Vouloir prévoir un enfermement après la prison revient à mettre en exergue d’autant plus l’inanité de la prison. Robert Badinter, sage parmi les sages, insiste depuis trop longtemps déjà sur ce point. Il faut repenser le fonctionnement et le but de nos prisons. Il ne s’agit pas seulement de soustraire les monstres aux yeux des citoyens le temps que l’émotion retombe, mais bel et bien de préparer, toujours, la prochaine réinsertion. Sinon, autant éliminer directement et physiquement les dits-monstres. L’abolition de la peine de mort suppose dès l’origine de porter un effort plus conséquent sur la réinsertion post carcérale.

C’est enfin un problème d’éducation des populations.
L'obssession sécuritaire de nos contemporains découle essentiellement de l'illusion selon laquelle le progrès technique et social devrait nous garantir contre tous les risques, et que le rôle de l'Etat est en effet d'annihiler ces risques. Mais le risque zéro n'existe pas. Aussi dramatiques puissent-ils êtres, les faits de pédophilie, d'infanticide, aujourd'hui perçus comme le summum de l'horreur (encore une fois, tout est question d'époque, il y a 150 ans, l'horreur absolue résidait dans le parricide, dans 150 ans, il résidera peut être ailleurs encore), n'en demeurent pas moins des "faits divers" et l'Etat peut difficilement avoir prise sur le fait divers, qui est affaire individuelle, et non collective, qui révèle des pulsions ancestrales de l'être humain. Demander à l'Etat de policer chacun de ses individus, d'anéantir l'intégralité des pervers, des malades, des déviants, revient à demander à l'Etat d'enchaîner tout un chacun. On ne demande pas à l'Etat de garantir le risque zéro en voiture (encore que...), un accident de la route est le fait du hasard, de la malchance, du "ça n'arrive pas qu'aux autres". Un enlèvement d'enfant aussi. Si nous refusons de vivre en acceptant ce risque, nous ne pouvons plus vivre libres.

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08 janvier 2008

La graine et le mulet

La_graine_et_le_muletD'Abdellatif Kechiche, avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache...

Bon, je triche un peu, j'ai vu ce film à la toute fin 2007 mais je vous le présente comme premier cinéma 2008.

C'est un film de bouches.
Les bouches qui parlent, les bouches qui mangent, les bouchent qui sourient, qui crient, qui embrassent. C'est toute la sensualité des bouches, et des ventres des femmes qui débordent sans complexe de leurs vêtements qui est mise en scène dans ce film. Au centre de l'image, en permanence, ce ne sont pas les yeux, les regards qui sont cherchés, mais bel et bien les bouches, souriantes ou aggressives, dégustant ou éructant.

Abdellatif Kechiche nous met au milieu de ces familles unies et désunies et nous fait manger avec eux, parler avec, nous en prendre plein la gueule avec eux. On retrouve aisément, en plus de quelques actrices, la verve qui nous submergeait dans l'Esquive, si ce n'est que là, loin de l'univers dramatique cette fois, on touche davantage au tragique. Le sacrifice désespéré du vieil homme face à l'absurdité des arcanes administratives qui le prémâchent d'abord, puis la violence aigüe de la détresse de sa belle fille, et enfin l'imbécile bétise des adolescents qui l'achèvent.

Entrecroisée à ce long drame, la danse du ventre de la jeune fille à la fin du film nous cloue sur notre fauteuil, et nous laisse entrevoir encore une fois le pouvoir des femmes chez Kechiche, au centre de tout, qui tenaille les hommes aux oreilles quand elles crient, au ventre quand elles nourrissent, au sexe quand elles dansent.

L'avis de Pascale, qui avait certes un bon train d'avance sur moi, comme toujours!

Posté par polysemie à 09:48 - Polysémie va au cinéma - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 janvier 2008

2008

MEILLEURS_VOEUX_2008

Avec un peu de retard, je vous souhaite à tous une excellente année 2008.
Je vous remercie pour vos commentaires et votre soutien.
En 2008, je vous le promets, je serai plus...combattive!
Tous mes voeux, et à dans vraiment pas longtemps...

Posté par polysemie à 19:21 - Commentaires [3] - Permalien [#]



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