29 février 2008
Back back back!!!
Je n'ai pas de photo mais il a fait très beau. En Bretagne.
Je n'ai pas de photo, mais je peux vous dire que comme d'habitude j'ai mangé beaucoup (trop) de crêpes, des moules, et même des huïtres.
Je n'ai pas de photo, mais je peux vous dire que les soirées vannetaises, rennaise et costarmoricaines en tous genre, avec quelques vous et d'autres, étaient excellentes.
Je n'ai pas de photo, mais je peux vous dire que je suis toujours aussi impressionnées par la lucidité et l'intelligence politique des quatre vingt trois printemps d'Alice, la Mamie qui n'est pas la mienne, ou qui est peut être, sans le savoir, ma "jolie mamie".
Je n'ai pas de photo, mais j'ai ensuite passé de très agréables moments avec la Petite, descendue quelques jours à Aix en Provence avec nous, si charmante, si boudeuse, si calme, si lente, si poétique, et qui me tend avec brutalité parfois le miroir de ma propre adolescence passée.
J'ai tout de même quelques photos, des orques...


(Zoo marin Marineland - Antibes)
15 février 2008
SOS Homophobie, appel aux aixois et aux marseillais (et à toutes les bonnes volontés alentours)
SOS Homophobie est une association nationale qui existe depuis 1993. Elle est originellement centrée sur Paris mais dispose depuis quelques années de plusieurs délégations régionales un peu partout en France, dont celle d’Aix-Marseille dont je fais partie.
SOS Homophobie est une association de lutte contre les discriminations de toutes natures liées à l’orientation sexuelle. Elle exerce trois types d’actions :
- La ligne d’écoute – numéro Azur 0810 108 135 – chargée de recueillir les témoignages et d’orienter les personnes victimes d’homophobie.
- La publication d’un Rapport Annuel, à partir des témoignages recueillis sur la ligne d’écoute, mais également à partir d’un suivi de presse et du traitement des questions homos par plusieurs journaux/magazine
- Les Interventions en Milieu Scolaire (IMS) qui sont des interventions des membres de l’association ayant reçu la formation adéquate auprès de classes de 4è ,3è et lycée sur le thème de la discrimination en générale et de l’homophobie en particulier, ayant pour but de déconstruire avec les adolescents leurs idées reçues sur l’homosexualité et de faire progresser leur réflexion à ce sujet.
Après une période d’absence, notre délégation est en reconstruction, nous souhaitons concentrer nos efforts sur la journée mondiale contre l’homophobie le 17mai prochain, et nous avons besoin de personnes motivées, prêtes à s’engager avec nous pour nous faire connaître et mener à bien diverses actions sur Aix ou Marseille.
Si vous êtes déjà membres de SOS Homophobie mais que vous n’avez pas encore franchi le pas de devenir «membre actif », si vous n’êtes pas encore membres mais que vous desirez vous engagez pour défendre les droits des homosexuels, que vous soyez homosexuel vous-mêmes ou hétérosexuel, que vous vivez dans la région PACA, autour d’Aix et Marseille en particulier, n’hésitez pas à nous contacter, et à nous rejoindre. Nous avons besoins de toutes les bonnes volontés et sommes ouverts à toutes propositions.
Afin de désarçonner les timidités mal placées, je précise que nous ne sommes plus que deux dans cette délégation d’Aix Marseille, et que nous même débutons dans ce type d’engagement (un an d’expérience à notre actif seulement). Les nouveaux membres ne risquent donc pas de se trouver mis à l’écart, ou snobés de quelque manière que ce soit. Nous ne sommes que deux, et par conséquent, sans vous, nous ne pourrons continuer seuls à faire vivre notre délégation sur Aix-Marseille, ce qui serait préjudiciable, compte tenus des besoins particuliers de notre région en matière d’information, de prévention, et de défense de nos droits.
Pour toute autre information, pour toute proposition ou question, contactez moi (via le lien "contacter l'auteur") !
11 février 2008
Tu quoque mi filii
Rien ne se perd, tout se transmet. Un nouveau Brutus vient de se révéler dans la cité des nantis, César peut être fier de son éducation... Voilà une famille comme on les aime, conforme à nos convictions intimes, unie, et équilibrée, tellement normale!
09 février 2008
Paris
De Cédric Klapisch, avec Juliette Binoche, Romain Duris, Mélanie Laurent, Fabrice Luchini, Karin Viard, Gilles Lellouch; Sabrina Ouazani, François Cluzet, Albert Dupontel...
Paris sortira en salle le 20 février, nous l'avons vu en avant première, en présence de Klapish himself, de Mélanie Laurent et de Gilles Lellouch.
C'est le neuvième long métrage de Klapisch, et on s'éloigne résolument de l'adulescence légère de l'auberge espagnole et des poupées russes. Peut être qu'on revient aussi, finalement, à la gravité du Péril Jeune.
Par certains traits, j'ai pensé évidemment au Temps qui reste, d'Ozon, les sujets sont si proches. Mais il n'y a pas de condamnation chez Klapisch, il n'y a pas l'aspect définitif qu'Ozon développait.
En général, Klapisch n'a pas besoin de faire grand chose pour me séduire, mais là, je pense que c'est tout de même un de ses meilleurs films, pour sa tonalité notamment. Evidemment, le traitement de certains personnages dans ce film chorale est parfois inégal, et aurait mérité un peu plus d'équilibre peut être.
Mais les acteurs qui portent ce film laissent difficilement la place à quelques critiques.
Juliette Binoche notamment est merveilleuse. Tellement humaine, tellement perdue, tellement belle et séduisante sans qu'elle semble s'en douter seulement, et qui raisonne si bien face à Albert Dupontel, non moins touchant. Il y a longtemps que je n'avais été à ce point sous le charme d'une actrice. C'était de loin mon personnage préféré, avec celui de Fabrice Luchini sans doute pour ses angoisses d'universitaire solitaire. Alors certes, Luchini déclamant l'histoire de Paris sur une chaire, c'est tellement facile, mais tellement efficace. Luchini se déchaînant sur un morceau de musique, c'est du déjà vu n'est-ce pas (Confidences trop intimes), mais c'est tellement bon!
Sabrina Ouazani a un petit rôle, on ne la croise pas beaucoup, mais cette actrice me plaît énormément, elle a une brutalité dans le regard, et une douceur à la fois, je trouve, qui sont très percutantes à l'écran. Son très court duo avec l'odieux personnage excellment interprêté par Karin Viard, est irresistible!
La recette est classique, un chassé croisé de portraits de personnages tous plus ou moins attachants, sur un fond de message non moins classique, carpe diem encore et toujours. Mais ça marche ça marche ça marche, et ça me plaît, beaucoup, même sans raison.
Alors faites vous plaisir, allez-y...

01 février 2008
Première langue
Je me suis rendue compte, un jour, que je savais lire, en
constatant que je comprenais intégralement toutes les bulles de toutes les
cases d’Astérix chez Cléopâtre.
C’était un dimanche après midi, au début de l’hiver sans
doute. Tous les dimanches, après le déjeuner, mon père partait dans sa chambre
chercher un album d’Astérix, puis, allait s’installer avec dans un des gros
fauteuils du salon.
En général, dès les dix premières pages, l’album lui
échappait des mains et il sombrait dans sa sieste dominicale. Je me moquais
souvent de lui pour cela, il me répondait toujours qu’il connaissait par cœur
tous les Astérix depuis bien longtemps.
En général, la chienne s’étendait au pied du même fauteuil,
juste à côté de la baie vitrée, et se laissait chauffer au soleil derrière la
vitre.
En général, je finissais à plat ventre par terre, tout
contre l’animal, et je terminais pour mon père la lecture d’Astérix.
En général, ma mère râlait que j’allais salir ma robe, que
je finirais encore pleine des poils de la chienne.
En général, je n’écoutais pas.
Cet après midi là, je savais lire donc, puisque j’avais
intégralement compris toutes les bulles, de toutes les cases, d’Astérix chez
Cléopâtre. Toutes, sauf…
« Maman, ça veut dire quoi ça, là… ? »
« Je ne sais pas, c’est du latin».
Du latin.
Dès lors mon obsession tout au long de mes années d’école primaire sera d’entrer au collège pour… apprendre le latin, et comprendre, enfin, toutes ces bulles qui émaillaient mes bandes dessinées préférées et dont je restais frustrée.
Au collège, la première déception a été de réaliser que non, je ne pourrais pas faire du latin à la place de l’anglais, qu’il faudrait au moins attendre un an pour faire du latin en plus de l’anglais… Soit. Mais quand même, l’anglais...
En attendant, je me bouchais les oreilles pour ne pas écouter les avis des autres, qui serinaient que leur grand frère, leur grande sœur, en faisaient eux, du latin, et que c’était trop nul, qu’à cause du latin ils finissaient une heure plus tard tous les soirs, qu’ils avaient de mauvaises notes, moi j’étais l’aînée, je n’avais pas d’exemple, personne avant moi n’avait fait de latin dans la famille…
En 5ème enfin, j’ai pu avoir mon premier cours de latin. Evidemment, passé les premières semaines où j’ai pu comprendre les fameux « veni vidi vici » et « alea jacta est », j’ai détesté. Les déclinaisons à apprendre, réapprendre, les conjugaisons, jamais régulières, le professeur, morne et ennuyeux… Seules les versions m’ont amusée un peu quand j’ai réalisé que même sans connaître mes déclinaisons, ni mes conjugaisons, je possédais une sorte d’instinct, ou de logique particulière qui me faisaient comprendre, presque dans le texte à l’époque, les quelques lignes édulcorées des anciens que nous devions traduire. Mais des cours de latin du collège, je garde un souvenir d’ennui surtout.
Pour autant, le latin me fascinait toujours, puisqu’il me donnait cette impression grisante de posséder des clés, des clés d’histoire, des clés de langue, et de m’ouvrir tout un champ de compréhension que je n’avais cessé de désirer, enfant, quand je demandais inlassablement pourquoi avait-on choisi tel mot pour désigner telle chose, pourquoi tel son devait s’orthographier ainsi et pas autrement. J’avais la sensation de pénétrer dans l’antichambre de notre civilisation, et pour cela seulement, j’adorais le latin.
Nous ne fûmes qu’une poignée, à la fin du collège, à bien vouloir signer à nouveau pour le latin au lycée. Mon intérêt pour la matière crût encore avec la découverte des « vrais » textes, de Sénèque, de Virgile, et de Tibulle. J’ai passé trois ans à me chamailler avec ma prof de latin de l’époque, avec qui j’ai vraiment été odieuse parfois et sans beaucoup d’autres raisons que de lui reprocher sa façon désenchantée d’enseigner et son manque de dynamisme. Mais il y avait désormais cette émulation à vouloir faire céder le texte à ma compréhension, trouver les clés nécessaires pour que les portes de la phrase s’ouvrent enfin, et pour cela seulement, j’adorais toujours le latin.
Toute seule de notre toute petite classe de latinistes littéraire, je continuai le latin en hypokhâgne, en option lourde, avec l’idée de le présenter à l’écrit à l’ENS Ulm. Pendant ces deux dernières années, j’ai pratiqué le latin à très forte dose, à raison de cinq heure de cours et de six à huit heure de travail personnel en plus par semaine. En khâgne, tous les soirs, avec plus ou moins de régularité, j’essayais d’effectuer mon heure de petit latin, cet exercice qui consistait à lire dans le texte, en traduisant directement, les grands classiques cicéroniens. Nous traduisions des versions du niveau de l’agrégation de lettres classiques, j’y ai passé des dimanches après midi, des soirées, et des moitiés de nuit. J’en arrivais, lorsque je rédigeais mes dissertations d’histoire, de lettres ou de philosophie, à penser mes phrases en latin avant de les construire en français. Et là encore, malgré la difficulté, malgré le temps passé, je me sentais approcher l’essence même de la grammaire, toute cette logique, cette rationalité de la phrase latine, qui s’enchaînait, et que peu à peu on arrivait à reproduire dans nos thèmes, et pour cela surtout, j’adorais toujours le latin.
A la fin de la khâgne, lors de ma dernière colle de latin, je suis restée presque sèche devant mon texte. Il ne s’ouvrait pas, mes clés ne fonctionnaient plus. Je n’y arrivais pas. Mon professeur, que j’admirais tant, qui m’avait tant appris, et tant agacée parfois par son purisme et son élitisme, mais qui nous estimait tant aussi, les petites khâgneuses acharnée de l’antiquité que nous étions, m’a dit que là, j’avais atteint une limite. Que j’étais sans doute parvenue au bout de mes capacités en latin. Si j’hésitais alors encore entre science politique ou les lettres classiques, mon choix, orgueilleux, s’est sans doute fait ce soir là. Ah j’avais atteint mes limites ? J’ai rendu mon tablier de lettreuse. Terminé le Gaffiot, terminé le Magnard des lettres latines, Cicéron, Tacite, et Pline, plus jamais.
J’ai désappris le latin pendant trois et demi ensuite.
Et puis en 2008, pour les besoins d’un concours, qui lui donne
le choix entre anglais et latin, pour les besoins de ma tête qui regrettaient
tant mes études littéraires, j’ai racheté une grammaire. J’ai réouvert mon
Gaffiot, et mon Magnard. Et j’ai recontacté celui devant lequel j’avais atteint
mes limites. On recommence ? On recommence, puisqu’il est si humain, si
pédagogue. On recommence puisqu’il est si aisé de retrouver les émotions du
petit latin.
On recommence et me voilà depuis hier, le cerveau en compote devant cette
phrase d’une lettre de Cicéron qui me résiste, qui ne s’ouvre pas, mais que je
finirai bien par posséder.
On recommence. Je me lève le matin à six heure pour faire mon petit latin au beau milieu de l’aube, pour ressentir encore la joie juvénile de comprendre l’emploi du subjonctif dans cette phrase, et de l’adjectif verbal dans cette autre, la jouissance de la grammaire si pure du De Signis, et pour cela encore, j’adore le latin.



