Je crois que je vais faire un blog...

vie et moeurs d'une jeune goudoue in heteroland... reflexion intense, procrastination démente, engagement furieux, contemplation, dégustation, inspiration.

25 juillet 2008

Les Berlines

Comme l’avion atterrissait peu après vingt deux heures, ils avaient dîné tôt dans un petit restaurant de la ville. Puis, ils étaient allés récupérer la grosse voiture noire, dont il était très fier. Aux caisses du parking, un homme sans âge, un peu hirsute, habillé chaudement pour un mois de juillet, buvait seul, avec à ses pieds un grand sac poubelle ouvert, qui devait contenir la totalité de ses affaires. Au moment de payer, elle avait eu une brève hésitation face aux indications de l’automate, alors l’homme seul en avait profité pour engager la conversation

« - Vous mettez le ticket là, madame… C’est compliqué ces machines-là maintenant hein ?

Puis il s’était tourné vers lui. Bonne soirée ? avait-il demandé.

- Ca va… Et toi, ça va ?

- Ca va…

- Pas trop d’emmerdes ?

- Non, ça va, c’est calme à c’t’époque…

- Ca fait longtemps que tu fais la rue ?

- Ca va faire treize ans…

- Et ça va ? Pas trop dur ?

- Non, ça va, on fait aller, j’cherche pas la merde, j’reste tranquille…

Comme elle avait réglé avec un billet de dix, l’automate lui avait rendu la monnaie.

- Tiens, donne donc la monnaie au gars, lui a-t-il dit.

L’homme seul a tendu la main, avec un petit signe de tête

- Merci… Puis il s’est à nouveau tourné vers lui. C’est laquelle ta voiture ?

- Celle en face, là, a-t-il répondu en tendant le bras

- Ah ouais, belle voiture dis donc ! T’es dans quelle partie toi ?

- Moi je suis dans le bâtiment.

- Et ça va, ça marche bien, doit y avoir du boulot là, non ?

- Ca va, ça marche ouais…

- Eh t’as pas vu tout à l’heure ? Une grosse Mercedes noire, super belle, vitres teintées et tout… T’as pas vu ? Ben c’était un joueur de foot dedans à c’qui paraît !

- Ah ouais ? Non, j’ai pas vu…

- Ah ben eux, j’peux t’dire, ils en gagnent du pognon, ça y en a hein !

Tous les deux ils avaient acquiescé, et puis ils avaient fini par s’en aller

- Allez vieux, bonne soirée, a-t-il lancé en lui serrant la main et avant de tourner les talons

- Ouais bonne soirée. Bonne soirée madame…

Et ils sont partis rejoindre la voiture.

Et moi un peu en retrait, je pensais à mes craintes de fillette à l’égard des hommes seuls et un peu ivres qui m’interpellent parfois dans les rues, et auxquels je n’ose pas toujours répondre, et vers lesquels je ne vais pas souvent faire un peu la conversation, ne sachant pas assumer le prix de mon dernier cadeau de Noël…

Et moi, un peu en retrait, j’observais le naturel de ce couple petit bourgeois qu’étaient devenus mes parents, ce couple d’enfants de la rue qu’étaient restés mes parents.

Posté par polysemie à 18:31 - Polysémie fait des bétises - Commentaires [5] - Permalien [#]


24 juillet 2008

D'Ouest

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Je ne suis jamais revenue de Bretagne aussi difficilement je crois, autant dire que la perspective de passer deux mois d'été sous le soleil d'Aix et entre les murs de mes révisions ne m'enchante guère...
Je ne suis jamais revenue de Bretagne avec un tel sentiment d'éloignement non plus. La distance et les années cassent tant de choses, des mots qui ne se disent plus, du temps qui ne se prend plus, et tous ceux dont on  se sent soudain tellement à l'écart...
On dirait qu'il serait temps de rentrer au pays si l'on ne veut pas en manquer davantage, avec la crainte aujourd'hui de ne plus y retrouver tout ce, et tous ceux, qu'on y avait laissés il y a quatre ans...

Les concours sont passés, avec cette frustration immense procurée par l'impression de n'avoir pas su, cette année, saisir ma chance, la dernière, avec cette pression puissante qui plombe toutes mes estimations... Et l'attente, maintenant, et le risque de réviser deux mois encore pour rien.

Mais j'ai pris ma décision, enfin, j'irai en Master 2, je travaillerai dans le privé si j'ai échoué début juillet ou si j'échoue encore aux oraux. Contre toutes mes attentes, mon père - est-ce l'âge? m'a pourtant conseillé de jouer la sécurité. Comme c'était couru d'avance, moi - est-ce l'hérédité? j'ai rué dans les brancards. Et je crois que j'ai bien fait, je me réveille chaque matin avec une sensation que je n'avais pas eu depuis longtemps, d'avoir la vie devant moi, d'avoir un grand horizon qu'il n'appartient qu'à moi d'organiser, de transformer, de créer. Avec la certitude d'avoir choisi, et non subi.

Posté par polysemie à 14:51 - Polysémie sort de ses bouquins - Commentaires [2] - Permalien [#]

07 juillet 2008

Sur le départ...

DSCF7249Je manque de temps pour écrire ici, ce n'est pourtant pas l'envie qui me fait défaut en ce moment...
Mais entre deux concours, je passe rapidement vous dire que je pars à Lyon pour la semaine, passer mes derniers écrits, enfin, et clore ainsi cette année de recommencement!
De retour la semaine prochaine sur la toile, depuis la Bretagne...
D'ici là, je vous confie mon Elixir, qui reste seule à travailler à Aix, prenez soin d'elle, elle lit tout tout tout, tous mes posts et tous vos gentils, drôles, intéressants commentaires!
A bientôt!

Posté par polysemie à 22:39 - Polysémie va (aussi) à l'école - Commentaires [10] - Permalien [#]
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