28 juin 2008
Pédagogie de l'homophobie
Après plusieurs Marches des Fiertés dans plusieurs grandes villes de France (Nantes, Lyon, Strasbourg, Rennes...), et une semaine avant celle de Marseille, la Marche des Fiertés Lesbiennes, Gays, Bi et Trans concentre aujourd'hui quelque peu l'attention médiatique...
Le thème de la Gay Pride cette année m'intéresse tout particulièrement, puisqu'il s'agit de la lutte contre l'homophobie au sein de l'Education Nationale. Et Xavier Darcos de s'engager, dans les pages de Libération cette semaine, de faire de ce thème une exigence centrale au sein de son ministère pour l'année scolaire à venir.
Le noble enjeu que voilà! La douce surprise que voici! Quel pied de nez à Boutin et consorts, quelle bravoure sous Sarkoléon...
Paroles paroles paroles...
Devrions nous lui rappeler, à notre Ministre, que SOS Homophobie, principale association au niveau national se proposant d'intervenir en milieu scolaire pour lutter contre les préjugés des jeunes générations et déconstruire avec eux leurs idées reçues sur l'homosexualité, se proposant de mener activement une mission d'information et de prévention auprès des jeunes publics, ne parvient toujours pas, au bout de 15ans d'existence et d'action reconnue à obtenir un agrément au niveau national, et que seul le rectorat de l'Académie de Versaille a accordé son agrément, en 2004, aux membres de SOS Homophobie intervenant en milieu scolaire.
Une seule académie en France.
Les interventions ont lieu, dans l'académie de Versailles, comme
ailleurs mais sans le couvert de l'agrément, sans le moindre problème avec les élèves, enseignants, et
membres de la communauté éducative.
Et nous allons à reculons...
Une association de familles catholiques a cette année porté un recours devant le Tribunal Administratif de Versaille pour cause de préjudice moral occasionné par cet agrément donné à SOS Homophobie, et réclame des dommages et intérêts. Le Juge Administratif, dont le délibéré n'est pas encore intégralement connu, a d'ores et déjà donné partiellement satisfaction aux recquérant, et l'agrément a été invalidé pour motif de forme...
SOS Homophobie n'aurait donc plus aucun agrément de l'Education Nationale, douce ironie au regard des engagements pris par le Ministre...
Il est évident que même sans agrément, nous parvenons à intervenir dans certains lycées, dans certaines classes, sur décision discrétionnaire du Chef d'Etablissement. Mais bien souvent, alors que nos démarches sont lancées auprès de nombreux établissement, nos propositions sont écartées, faute d'agrément, tous les Chefs d'Etablissement n'ayant pas vocation à risquer de se mettre à dos des associations de parents d'élèves qui leur reprocherait de livrer leurs progénitures à des intervenants n'ayant pas d'agrément officiel... Notre but est d'intervenir en milieu scolaire, c'est essentiel pour nous de porter notre message auprès des jeunes générations, mais l'Etat fait de la résistance.
On ne peut pas s'engager d'une part à promouvoir la lutte contre l'homophobie à l'école et élever toujours plus d'obstacles administratifs contre la réalisation de cet objectif, Monsieur le Ministre...
15 février 2008
SOS Homophobie, appel aux aixois et aux marseillais (et à toutes les bonnes volontés alentours)
SOS Homophobie est une association nationale qui existe depuis 1993. Elle est originellement centrée sur Paris mais dispose depuis quelques années de plusieurs délégations régionales un peu partout en France, dont celle d’Aix-Marseille dont je fais partie.
SOS Homophobie est une association de lutte contre les discriminations de toutes natures liées à l’orientation sexuelle. Elle exerce trois types d’actions :
- La ligne d’écoute – numéro Azur 0810 108 135 – chargée de recueillir les témoignages et d’orienter les personnes victimes d’homophobie.
- La publication d’un Rapport Annuel, à partir des témoignages recueillis sur la ligne d’écoute, mais également à partir d’un suivi de presse et du traitement des questions homos par plusieurs journaux/magazine
- Les Interventions en Milieu Scolaire (IMS) qui sont des interventions des membres de l’association ayant reçu la formation adéquate auprès de classes de 4è ,3è et lycée sur le thème de la discrimination en générale et de l’homophobie en particulier, ayant pour but de déconstruire avec les adolescents leurs idées reçues sur l’homosexualité et de faire progresser leur réflexion à ce sujet.
Après une période d’absence, notre délégation est en reconstruction, nous souhaitons concentrer nos efforts sur la journée mondiale contre l’homophobie le 17mai prochain, et nous avons besoin de personnes motivées, prêtes à s’engager avec nous pour nous faire connaître et mener à bien diverses actions sur Aix ou Marseille.
Si vous êtes déjà membres de SOS Homophobie mais que vous n’avez pas encore franchi le pas de devenir «membre actif », si vous n’êtes pas encore membres mais que vous desirez vous engagez pour défendre les droits des homosexuels, que vous soyez homosexuel vous-mêmes ou hétérosexuel, que vous vivez dans la région PACA, autour d’Aix et Marseille en particulier, n’hésitez pas à nous contacter, et à nous rejoindre. Nous avons besoins de toutes les bonnes volontés et sommes ouverts à toutes propositions.
Afin de désarçonner les timidités mal placées, je précise que nous ne sommes plus que deux dans cette délégation d’Aix Marseille, et que nous même débutons dans ce type d’engagement (un an d’expérience à notre actif seulement). Les nouveaux membres ne risquent donc pas de se trouver mis à l’écart, ou snobés de quelque manière que ce soit. Nous ne sommes que deux, et par conséquent, sans vous, nous ne pourrons continuer seuls à faire vivre notre délégation sur Aix-Marseille, ce qui serait préjudiciable, compte tenus des besoins particuliers de notre région en matière d’information, de prévention, et de défense de nos droits.
Pour toute autre information, pour toute proposition ou question, contactez moi (via le lien "contacter l'auteur") !
28 septembre 2007
Où l'on révèle d'étonnantes choses sur la sexualité des lesbiennes (et où l'on assume d'être douteusement googlisable...)
Les
tabous de l’homosexualité, présentés par Karine Lemarchand, nous ont rappelé
plusieurs choses :
Que
quand on n’est pas à l’aise avec un sujet, ou du moins qu’on ne le maîtrise
absolument pas, il est souvent plus facile d’en rire que de le prendre au sérieux.
Que s’entourer d’invités très intéressants, de spécialistes très compétents ne
suffit pas à combler la vanité médiatique d’un traitement médiocre de telle ou
telle question.
Que les gays sont une
bande de folles nymphomanes, se regroupant en ghettos et passant leur temps à
se tortiller sur de la techno.
Que les lesbiennes, à défaut d’avoir une vraie sexualité, sont avant tout,
comme toutes les autres femmes de potentielles mères et n’existent réellement
que par ce biais.
Qu’il
est plus correct de passer ce genre d’émission à 22h30 plutôt qu’à 20h50…
… Et pour
cause : dans la première partie de l’émission il est plus vendeur de
parler agressions homophobes, drogue, prostitutions, backroom, et Mykonos, et
de réserver la vie de madame&madame ou monsieur&monsieur Tout-le-monde
pour la seconde partie, pour les seuls vrais concernés qui auront eu le courage
de rester, dans l’espoir qu’on parle de leur vie autrement que sous l’angle sea
sex and sun, les homos en bref, qui ne
sont pourtant plus à convaincre, eux.
Qu’on
évolue tout de même, un peu, puisque l’homosexualité n’est plus ce
« douloureux problème » d’il y a 30ans, mais envisageable aussi en
terme de sentiments amoureux, de construction familiale et d’ordinarité.
Je
suis consciente qu’il ne s’agit pas de condamner ce genre d’émissions, qui ont
au moins le mérite d’exister. Qu’en tant qu’homosexuelle, je suis forcément
plus réactive à la moindre bourde commise dans ce genre de
« vulgarisation ». Cependant, il demeure quelque chose qui m’atterre
réellement :
Karine
Le Marchand : - Aïe aïe aïe, comment vais-je tourner ma question ?
Bon tant pis je me lance : être lesbienne implique-t-il un rejet du
pénis ? Mais comment peut-on être épanouie sexuellement sans
pénétration ? Parce que sans objet, c'est impossible quand même!
Comment
te dire Karine… Comment te faire comprendre ce que visiblement, tu ne parviens
même pas à imaginer, ce que visiblement, tu ignores à tel point que je crains
personnellement pour ton propre épanouissement sexuel…
Quelques
citations peut être :
«
Comme l’explique Marina Castaneda, les pratiques sexuelles les plus
répandues sont la pénétration vaginale avec la main, le cunnilingus, ainsi que
les caresse clitoridienne (…) (Comprendre l’homosexualité 1999). Quant au
fameux point G, si tant est qu’il existe, il est plus « accessible à la
stimulation digitale qu’au frottement du pénis » affirme le sexologue
Gilbert Tordjman (La femme est son plaisir, 1986). Il n’y a donc aucun obstacle
anatomique au plaisir lesbien. »
Stéphanie
ARC, Les Lesbiennes, 2006 – Editions le Cavalier Bleu, coll. Idées reçues.
« Les
mains et les doigts, c’est parfait pour les préliminaires, mais pas de queue
égale pas de sexe. Autrement dit, si le plaisir vient des mains (pénétration
des doigts, du poing ou masturbation), il « ne compte pas » ?
Allons donc… Les mains sont adroites. Les doigts sont mobiles. Ils sont
capables d’attouchements et de mouvements infinis et ils accèdent au point G
beaucoup plus facilement que le pénis. »
Félicie
NEWMAN, Les Plaisir de l’amour lesbien, 2004 – Les Presses libres, coll. Le
Sexe en liberté.
Comprends tu mieux, karine ? Comprends tu mieux petit macho qui me demandais comme nous faisions, qu’il nous fallait bien un mec quand même ? Comprends tu mieux ma sœur, qui pensais que je n’avais pas forcément besoin d’un suivi gynécologique au même titre que toi ? Comprends tu mieux toi qui pensais que nous étions finalement toujours vierges ?
05 septembre 2007
Brève d'espoir
Oral d'entraînement pour l'admission à l'EN3S:
"- Ma fiancée s'appelle...
- Monsieur, votre fiancée, "é" ou "ée" d'ailleurs, on s'en fiche!"
01 septembre 2007
Prise de conscience
- Mais, euh, je peux vous poser une question indiscrète?
- Je t'en prie...
- Vous avez déjà utilisé des accessoires?
- Pour quoi faire?
- Ben, euh quand même, vous devez être vite limitées, entre deux filles, non?
- Ah bon, pourquoi?
- Ben vous ne pouvez pas tout faire...
- Tout faire quoi?
- Ben tout ce que fait un homme!
- Ah bon? Qu'est-ce que tu fais de plus que nous, raconte?
- ... Ben quand même!! Il vous manque bien quelque chose!!
- Tu ne te sers jamais de tes mains?
- Ah bon??!!
- A ton avis?
- Mais , on ne sert plus à rien nous alors...
06 juillet 2007
De l'incompréhension
"- Vous êtes toutes célibataires, comme moi, personne n'a de copain?
- Je n'ai pas de copain, j'ai une copine, elle m'a beaucoup soutenue cette année
- Oui moi aussi j'ai une copine qui a été sympa, mais bon, c'est pas pareil...
- Non non, ce n'est pas une copine, c'est MA copine, on est ensemble quoi...
- Ah, tu es...
(un ange, son père, sa mère, ses frères et ses soeurs passent, lentement, en file indienne, j'en ai même vu un qui a pris des photos...)
- Oui. Elle est d'ailleurs bien courageuse, ça va faire un mois qu'elle attend que je sois moi aussi en vacances pour qu'on puisse enfin rentrer en bretagne
- Ah. Eh bien moi, non seulement je n'ai pas de copain, mais je n'ai même pas ça non plus...
(l'ange et toute sa famille repassent dans l'autre sens, j'en ai entendu un ricaner cette fois!)
- Bon, eh bien euh, j'y vais moi..."
(et moi je suis restée avec les anges qui avaient décidé de pique niquer sur place, finalement.)
24 juin 2007
Gay Pride in Marseille
C'était hier ma 2ème gay pride, à Marseille toujours, mais ma toute première sous les couleurs revendicatives d'SOS Homophobie. Nous étions assez nombreux, et bien visibles, grâce à nos tee shirt de couleur improbable(!).
Je me suis souvenue de l'an dernier, où nous nous étions jetées, Elixir et moi, dans la foule, non sans appréhension pour cette première, et un peu perdues, toutes les deux dans ce grand cortège...
Hier, nous arrivions en force, finalement. Il y a cette impression rassurante, dans l'engagement associatif, de ne plus être soi en tant que tel, mais au service d'une cause, et de s'effacer, naturellement, derrière cette cause. Il n'y a peut être que dans les actions associatives que cette pression sociale que l'on s'auto-imprime cesse de peser sur soi, on n'a pas à effectuer telle ou telle performance, ni à donner telle ou telle image personnelle, on a juste à faire exister une cause. Quelque part, c'est idiot sans doute, mais c'est rassurant.
Il demeure toutefois une certaine amertume de cette gay pride, le sentiment que finalement, le cortège, toujours plus festif, se fait de moins en moins représentatif, et revendicatif, essentiellement peuplé de tous jeunes adolescents, surtout là pour la musique, sans bien en comprendre tous les enjeux, et qui écarquilleront grand les yeux quand il nous croiseront, en Tee Shirt Rose SOS Homophobie le soir même sur la Canebière...
Le sentiment aussi que passées les quelques petites heures où la population marseillaise nous regarde, avec bienveillance, défiler, quand vient le soir et que deux hommes isolés se tiennent la main sur le vieux port, les regards se font plus insistants, moins agréables...
Le sentiment enfin que la prise de conscience ne dure que le temps du défilé, que le temps des discours, que le temps des comémorations en hommage à Pierre Seel et aux déportés homosexuels victimes de la barbarie nazie, et que sur le long terme, tout cela demeure assez vain.
Je ne sais plus parfois si cette impression d'immensité face à la tâche à accomplir tient simplement au fait que nous n'en sommes finalement qu'aux extrêmes prémisses, ou si ce n'est pas plutôt qu'un cycle, qui nous brasse, et nous ramène régulièrement au point de départ, nous fait reculer de trois pas sitôt qu'on en a fait deux en avant, j'ai peur parfois, que d'épuisement, un jour, on se noie.
Heureusement toutefois nos convictions, les discours des élus, et les avancées, petit à petit...
Et pour finir une pensée pour Jull, que j'ai été très heureuse et agréablement surprise de rencontrer sur place, merci d'avoir pensé à venir me voir! ;)
19 juin 2007
Demain à Marseille
Mes chers petits canards du sud, demain soir, vers 18h30, nous présentons le Rapport Annuel de SOS Homophobie à la librairie Les Mots pour le Dire à Marseille.
Si vous êtes intéressés, si vous êtes dans le coin, vous aurez même l'immense honneur de voir votre serviteur faire son petit speech sur la lesbophobie, thème épineux s'il en est!
Après laprésentation du rapport par mes acolytes et moi-même, suivra un petit débat sur les problématiques relatives à l'homophobie et l'homosexualité dans notre société (dure et méchante, comme chacun sait!)
Venez nombreux donc, que je voie vos bouilles, votre ramage, votre plumage (en tout bien tout honneur, attention!), et vous saurez peut être même comment je m'appelle en vrai (le mythe s'effondre, je ne m'appelle pas Plusieursens)...
A demain donc!
14 juin 2007
De l'importance d'être constante...
"- Félicitations alors!
- Merci!
- Et tu fais quoi maintenant, tu es en vacances?
- Non, pas encore, dans un mois...
- Ah, et tu aurais un numéro de téléphone pour que je t'appelle? Pour qu'on fasse connaissance, pendant tes vacances?
- Ah oui mais je pars en Bretagne pour mes vacances...
- Ah... mais j'aurais bien aimé qu'on fasse connaissance, qu'on discute ensemble, tout ça...
- Mais je ne suis pas célibataire, désolée...
- Ah bon et ton copain il est en Bretagne aussi?
- Ma copine oui...
- Non mais ton copain?
- Je n'ai pas de copain, j'ai une copine
- Mais tu m'as dit que tu n'étais pas célibataire??
- Non, je suis avec une fille.
- Naaaan??? C'est pas vrai??
- Si si...
- Mais c'est pas possible, il vous faut bien un mec quand même! Comment vous faites??
- Eh bien renseigne-toi
- Ben je me renseigne!!! Tu n'as qu'à dire à ta copine que tu as besoin d'un mec et qu'elle te laisse allez avec moi!
- Ecoute, tu es gentil, mais je n'en ai vraiment pas besoin..."
Lui donne-t-on la palme à celui-ci?
17 mai 2007
Journée Mondiale contre l'homophobie

Tous les trois jours en France, une agression de nature homophobe est signalée à SOS Homophobie.
Combien font l'objet d'une plainte?
Combien sont tues?
SOS Homophobie publie son Rapport Annuel 2007
Aujourd'hui, un homosexuel souhaitant donner son sang se trouve d'emblée exclu définitivement des fichiers donneurs du seul fait de sa sexualité. Explication en substance: le SIDA, c'est avant tout une affaire d'homosexuels. Rappel: tous les ans, l'Etablissement Français du Sang déplore le manque de plusieurs centaines de pochettes de sang. Remarque: les pochettes de sang, d'où qu'elles viennent sont sensées être testées pour éviter toute contamination.
La pétition, c'est par ici.
Edit 20 Mai: vous trouverez ici le texte du tract des "panthères roses", très bien écrit, et tout à fait nécessaire...




