11 février 2008
Tu quoque mi filii
Rien ne se perd, tout se transmet. Un nouveau Brutus vient de se révéler dans la cité des nantis, César peut être fier de son éducation... Voilà une famille comme on les aime, conforme à nos convictions intimes, unie, et équilibrée, tellement normale!
22 octobre 2007
Jubilons ensemble
Entendons-nous
bien, je vomis Sarkozy, sa politique d 'immigration, sa politque économique,
fiscale, sociale, sociétale, sa médiatisation, sa peoplisation, ses
méthodes, sa violence, sa démagogie, son nationalisme, son agressivité. Tout en
bloc, je vomis.
Tout en bloc, sauf... sa réforme des retraites, et plus précisément, sa réforme
des régimes spéciaux.
Depuis des décennies maintenant, les gouvernements successifs cherchent à
assurer la pérennité du financement du système des retraites en France. Depuis des
décennies, les régimes spéciaux des milieux socioprofessionnels les mieux
syndiqués échappent à cet effort de financement et de rationalisation, au seul
moyen d'un bras de force social, dont, compte tenus des moyens structurels dont
ils disposent (transports, énergie), ils ressortent vainqueurs.
J'espère sincèrement que ce ne sera pas le cas cette année.
La réforme de 2003 avait épargné les régimes spéciaux. En dehors de la Fonction
Publique d’Etat, cela concernent 6,4% des pensions versées. Ces régimes sont
équilibrés grâce à des subventions ou des taxes affectées.
Aujourd'hui, les
salariés de la SNCF par exemple invoque la pénibilité de leur travail pour
préserver leurs conditions dérogatoires de départ à la retraite. Il faut
rappeler que l'âge moyen de départ à la retraite pour un employé de la SNCF est
de 55ans; il faut rappeler également que l'âge moyen au décès des employés de
la SNCF est de 80,1ans. Il est donc manifeste que l'espérance de vie des
cheminots, n'est plus, comme par le passé affectée par les conditions de leur
profession.
A titre indicatif, celle d'un ouvrier du secteur privé, qui sera
parti à la retraite entre 60 et 64ans, n'atteint pas les 70ans...
En outre, la
démographie dans la plupart de ces secteurs laisse attendre une baisse de
cotisants et une augmentation du nombre de pensionnés. Ainsi, pour les
Industries Electriques et Gazières, on compte aujourd’hui 1,14 cotisant pour 1
pensionné, et on passera à 0,81 cotisant pour 1 pensionné en 2020. Il faut donc
bien admettre que de plus en pus, ces régimes spéciaux auront besoins de
financements extérieurs pour assurer les pensions de leurs retraités.
Il
me semble aberrant qu’en 2007, après des années et des années d’alerte sur
l’état des comptes de la Sécurité Sociale, certains continuent à défendre aussi
farouchement des « acquis » d’un autre âge. Il me semble d’ailleurs tout aussi aberrant de
considérer ces conditions qui ne sont ni plus ni moins que des avantages
certains comme des « acquis » justement. Tout évolue. Leur profession
a évolué, la société a évolué, l’économie a évolué, la démographie a évolué, il
est normal, et nécessaire que les régimes spéciaux évoluent aussi.
C’est une
question d’équité sociale. Si l’on accepte que les employés de la SNCF partent
à la retraite à 55 ans, il faudrait alors le permettre aussi pour les ouvriers
du BTP, vous savez le couvreur de 57ans qui monte encore sur son toit, en plein
hiver, par –5 degrés ? Eh bien oui, du moment qu’il ne pleut pas, du
moment qu’il ne neige pas, il faut bien travailler ! Il faudrait le
permettre aussi par exemple pour les employés des péages autoroutes, vous
savez, ce qui passent leur nuit, inconfortablement assis dans leur cabine
exiguë, à attendre l’automobiliste ou le chauffeur routier nocturne ? Ce
n’est pas de la pénibilité du travail, tout cela, peut être ? Sauf que
c’est impossible que tout ce monde-là ne cotise que 37,5ans. On criera au nivellement par le bas. Alors qu'il s'agit de réalisme. Pas besoin de voter à droite pour en être convaincue. J'irais même jusqu'à dire que ce genre de débat s'affranchit de toute appartenance politique.
La durée de
cotisation reste le seul paramètre sur lequel nous disposons d’une certaine
marge de manœuvre pour assurer l’avenir des retraites en France : il est
en effet impossible de baisser le niveau des pensions (le taux de remplacement
moyen aujourd’hui n’est déjà plus qu’à 69%) , tout autant que d’augmenter le
niveau des cotisations sociales (qui sont en France parmi les plus élevées d’Europe
et l’objet de bien des contestations déjà). Alors on fait comment, si on ne
loge pas tout le monde à la même enseigne ? J’entends déjà hurler sur le
régime des parlementaires. Mon sentiment vis à vis d’eux est le même :
les pensions accumulées qui leur sont versées sont aberrantes. J’espère
follement (et illusoirement sans doute, mais c’est un autre débat) qu’on les
rationnalise aussi. Cependant, il convient de rappeler que le ratio de
population concerné par ce régime des parlementaires est tout de même
sensiblement inférieur à celui de la SNCF, de la RATP, des IEG et de l’Armée
cumulés.
Finalement,
je trouve que le véritable échec de la démocratie sociale il vient de nous
directement : qui préfèrons visiblement gaspiller notre temps et notre
énergie dans de vains combats, à défendre d’antiques privilèges, plutôt que de
nous pencher sur les vraies menaces portées par ce gouvernement : la
réduction du nombre de professeurs, la fermeture des tribunaux, cet imbécile système
des heures supplémentaires défiscalisées, la dépénalisation des délits financiers
au sein de l’entreprise, l’immigration et les tests ADN, tout ce qui vraiment,
réellement, met en péril notre équilibre; bien plus que le confort bafoué de ce
qui reste une minorité.
26 mai 2007
Retour en grâce
J'ai peur parfois que nous soyons arrivés en haut de la vague, au paroxysme progressiste dont la France est in fine capable, j'ai peur souvent des cycles et du phénomène d'éternel retour dans l'histoire.
Après 40 ans de libération morale et sociale, après 40 ans de recul sans précédent de l'autorité de l'Eglise catholique, 40 ans de féminisme, de revendication d'égalité et de liberté, j'ai peur que l'on reparte en sens inverse.
Il y a quelques temps déjà, je n'avais pas aimé le signe de croix affiché du Ministre Nicolas Sarkozy devant les caméras de télévision lors des obsèques du Pape. Quand on appartient à un gouvernement qui a voulu réaffirmer la laïcité et qui a interdit les signes religieux ostentatoires au sein de l'école, et dans l'exercice des fonctions publiques, il me semble que tout ému et pénétré de sa foi que l'on soit, on peut éviter certaines démonstrations hors de propos.
Il y a quelques semaine encore, je n'avais pas aimé la référence à ses "convictions intimes et personnelles" invoquées par le candidat à la présidentielle pour expliquer son refus catégorique d'ouvrir le mariage et l'adoption aux couples homosexuels. On vote pour un représentant politique, le représentant d'un parti, porteur d'une telle idéologie, par pour les convictions intimes et personnelles de monsieur-tout-le-monde. La présidence de la République n'est pas une fonction de représentation personnelle et autocentrée, mais une représentation politique et collective.
Il y a quelques jours enfin, la nomination de Christine Boutin au ministère du logement et de la ville, qui ne fait aucun mystère de son attachement à l'Eglise Catholique et au Vatican, qui entend se battre pour que les valeurs (ultra catholiques) qu'elle considère françaises et naturelles soient préservées, au détriment de l'avancée des droits des femmes, des homosexuels, des transexuels, le rappel de Christian Vanneste à la candidature législative dans sa circonscription, ouvertement homophobe et sous le coup d'une condamnation de la HALDE, a raisonné en moi comme un acte (trop) fort de notre nouveau président. Le retour de la morale, le retour des valeurs conservatrices et catholiques en france. Et surtout comme une prise de position sans équivoque vis à vis de ceux qui ne partagent pas ses "convictions intimes et personnelles".
Alors, la france en passe de redevenir la "fille aînée de l'Eglise catholique?"
18 mai 2007
Cher Président
C'est avec une impatience non dissimulée que nous attendions la révélation de votre tout nouveau gouvernement pour le début de votre quinquennat. Vous nous aviez, il y a deux jours de cela, prononcé un discours haut en couleurs, lors de votre investiture à la présidence de la République, concernant le mérite, le respect, le changement et l'action, en opposition à l'immobilisme passé que vous sembliez tant déplorer.
Laissez moi tout d'abord vous féliciter quant à la forme de votre appareil gouvernemental, quinze ministères aux périmètres redéfinis, une parité exemplaire, quelques noms aux origines politiques ou sociales suffisamment exotiques pour donner un bel aperçu de votre modernité révolutionnaire et de votre ouverture résolue. C'est du grand art, si si, j'insiste!
Cependant, en tant que profane en la matière, j'aurais quelques questions, qui vous paraîtront bien naïves sans doute, et auxquelles vous n'aurez je pense aucune difficulté à répondre...
En tout premier lieu, je vous avoue n'avoir pas tout à fait perçu le sens de votre idée de changement eu égard aux nominations de M. François Fillion à Matignon, de Mme Michèle Alliot Marie à l'intérieur, de MM. Xavier(s) Bertrand et Darcos respectivement au Ministère du travail, des relations sociales et de la solidarité, et au Ministère de l'Education Nationale. Ne sont-ce pas là tous des anciens ministres de la Chiraquie passée, celle que vous décriiez tant, celle vis à vis de laquelle les Français, à 53% visiblement, souhaitaient rompre définitivement pour enfin s'engager sur les voies du progrès lumineux? J'avais cru pourtant. Commenceriez vous donc déjà à renier votre principale promesse: "ce que j'ai dit je le ferai"?
Je m'interrogeais ensuite, bassement, je l'avoue, sur la pertinence de la nomination de M. Alain Juppé, désormais Ministre d'Etat, au deuxième poste gouvernemental, à l'écologie, au développement, et à l'aménagement durable. La politique traditionnelle que vous dites réfuter corps et âme, celle des années 1980, 1990, n'était pas discréditée auprès de nos concitoyens essentiellement du fait des scandales financiers, des "affaires", et de la corruption qui l'entachaient? N'est-ce donc pas paradoxal que de réintroduire de la sorte un homme qui, outre certes ses qualités intellectuelles et idéologiques, incarne toute cette part d'ombre dans l'opinion publique? Vous parliez de respect, n'est-ce pas, peut être aviez vous juste omis de nous dire qu'il s'agissait d'un respect à sens unique. Ce doit être cela.
J'ajouterai que compte tenu de votre attachement manifeste, ces dernières semaines, à la composition d'un gouvernement paritaire, je m'attendais à quelque chose d'autrement paritaire que ce que vous nous avez proposé ce matin.
Alors je sais bien, vous pourrez toujours nous brandir ce fameux chiffre 7 pour attester de votre bonne foi. UnE ministre de l'intérieur, unE ministre de la justice, gros portefeuilles par excellence, merci monsieur le Président. Mais, unE ministre de la santé et des sports, unE ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, unE ministre du logement et de la ville, unE ministre de l'agriculture et de la pèche (!), unE ministre de la culture et de la communication. Vous savez, tous ces ministères qui sous l'égide des gouvernements de droite libérale voient leurs crédits fondre comme neige au soleil, et enjoints à participer activement à l'effort de restriction budgétaire nationale. Ces ministères dont on n'entend jamais parler, ces ministères accessoires, pour la plupart, surtout dotés pour satisfaire des ministrables déçus. Merci Monsieur le Président de si bien savoir nous faire taire.
Enfin, j'imagine que vous n'êtes pas peu fier de votre carte "Kouchner". Belle pièce que vous avez là, n'est-ce pas? Joli coup, vraiment! Etre parvenu à rallier autour de vous jusqu'aux socialistes, en passant par le centre, vous, représentant incontesté de cette nouvelle droite décomplexée, c'était inespéré. Placer au Ministère des Affaires Etrangères l'un des socialistes les plus charismatiques auprès de la population, médecin humanitaire reconnu, qui en plus détient la qualité non négligeable d'être l'un des seuls de sa famille politique à être favorable à l'intervention américaine en Irak, voilà un sacré pied de nez à la future opposition. Bravo Monsieur le Président de savoir si bien nous manipuler.
Un grand nombre de ministres issus des tous derniers gouvernements, une parité formelle cache misère d'une répartition toujours très inégale des responsabilités, cette complaisance vis à vis de la corruption, ces manoeuvres politiciennes, c'est décidément une rupture très tranquille que vous nous préparez là Monsieur le Président...
Salutations.
06 mai 2007
Et maintenant...

Et maintenant, il n'y a plus d'espoir.
Et maintenant, c'est fini.
Et maintenant, que va-t-on faire?
Ils sont où, ces 53%? Les gens qui pensent qu'il faut karcheriser la France, les gens qui pensent que 4000€ par mois, c'est peu, les gens qui pensent qu'il est nécessaire de poursuivre des gamins jusque dans les transformateurs, et d'arrêter les vieux devant des écoles?
Je dois vivre dans un monde très étriqué pour n'en presque pas connaître. Je dois vivre en vase clos, sans doute, ça aussi, quelque part, c'est un peu effrayant.
La ville ce soir est étrangément calme, je ne m'y attendais pas, pas de klaxon, pas de cris de joie, pas de colère. C'est un silence pesant qui est tombé avec la nuit.
La tension entre mes épaules s'est relâchée, une barre de fer m'écrase les tempes, les larmes souvent donnent mal au crâne.
Ce soir, nous avons aussi appris la naissance du petit Abdelnour, dans les Côtes d'Armor 3,6kg, 51 cm, sa maman, très blonde et très pâle se porte bien, son papa, très brun, et un peu moins français sur les bords, il faut bien le dire, est très heureux aussi. Je me demande sur quel fichier Abdelnour sera inscrit d'office pour son troisième anniversaire... Bon courage ici-bas petit schtroumpf.
03 mai 2007
Car-rément méchante jamais contente...
...je suis!
J'ai trouvé le débat d'hier très bien, très pénible, très fort, très fatigant, très surprenant... Quelqu'un m'avait dit la semaine dernière que la petite Ségolène allait se faire dévorer toute crue par le méchant Nicolas. Rétrospectivement, ça me fait sourire, je ne sais pas qui a gagné ce débat, mais le moins qu'on puisse dire c'est que Mme Royal ne s'est absolument pas laissée "dévorer".
Ségolène Royal a été il me semble largement à la hauteur de ce débat présidentiel, au tournant duquel bon nombre de ses détracteurs l'attendaient, pour mettre en cause sa capacité à assumer de telles fonctions officielles.
J'ai trouvé sa pugnacité et sa réactivité admirables. Sa répartie était souvent cinglante, et très a propos, et à bien des égards, ma colère faisait écho à la sienne vis à vis de la démagogie et de l'hypocrisie de Nicolas Sarkozy. Au vu des retours ce matin, j'ai l'impression que les médias, les français, ses adversaires politiques eux-mêmes ont été assez étonnés par le visage qu'elle a révélé hier soir. A mon sens, elle a définitivement prouvé (mais était-ce encore nécessaire?) sa capacité à assumer la charge présidentielle, sa stature officielle, sa crédibilité sur de nombreux plans. Bref, elle était convaincante, comme il fallait.
Mais, mais, mais... Comme je suis une vilaine fille, carrément méchante, jamais contente, c'est évidemment envers ceux auxquels on croit le plus que l'on est le plus exigent. C'est logique, je n'attendais rien de Nicolas Sarkozy. C'est pourquoi...
... j'aurais aimé qu'elle l'enferme plus encore dans sa position de sortant.
... j'aurais aimé qu'elle parvienne à le faire sortir de ses gonds, histoire qu'elle ne soit pas la seule à hausser le ton, et histoire de lui faire quitter cette espèce de condescendance et de respect hypocrite qu'il affichait vis à vis d'elle.
... j'aurais aimé qu'elle insiste davantage sur tous les énormités qu'il a déjà dit ou commis.
... j'aurais aimé qu'elle soit un peu plus pédagogique en économie, qu'elle explique mieux, qu'elle pense à tous les nombreux profanes en la matière que nous sommes pour pas mal d'entre nous.
... j'aurais aimé plus de petite piques assassines.
Mais malgré tout, et quoi qu'il arrive, je voterai pour elle, et quoi qu'il arrive dimanche, je crois en elle.
01 mai 2007
Résolutions, résolutions...
A cinq jour du 1er tour, je n'ai pas très envie de vous faire de longs discours, elle le fait bien mieux que moi...
Que vous dire d'autre que ce que j'ai déjà développé dans mes dix résolutions précédentes? Tout est toujours vrai, il suffit d'y retourner, je voterai Ségolène Royal au 2ème tour des élections présidentielles pour les mêmes raisons, exactement, qui m'ont fait voter pour elle au premier tour.
Je crois vraiment en sa politique, je crois fondamentalement en sa conception du socialisme, je crois viscéralement en sa conception de la société, en sa vision de l'économie, de la justice, de l'éducation, de la culture, de l'égalité...
C'est elle le changement, le renouveau, l'alternance.
C'est elle l'espoir, le progrès et l'avenir.
C'est elle l'honneur, c'est elle la force.
C'est elle la chance.
Pour moi aussi, c'est elle. Jamais lui, jamais eux.
Je ne sais pas pourquoi ce blog a pour autant des allures si blasées ces derniers jours, à quelques jours DU scrutin pourtant, auquel je crois tant, duquel j'espère tant... Je crois, pour avoir ces derniers jours confronté mes opinions avec d'autres, diamétralements opposées, que malgré tout l'engagement, toute la sincérité, toute la volonté du monde, il y a peut être des idées qui sont indéfendables auprès de certaines personnes. De ces idées qui vous semblent si évidentes que vous n'auriez même pas pensé avoir un jour à les défendre...
C'est peut être cela cette amertume. D'avoir réalisé à ce moment que si fortes soient mes convictions, il est des gens qui n'y adhéreront jamais, il est des gens qui toujours penseront qu'un immigré est forcément coupable, qu'un chômeur est forcément un feinéant, que les impôts ne servent qu'à entretenir un système d'assistanat généralisé, que la violence elle vient forcément des arabes, de l'islam et des jeunes, et que son passé colonial constitue la grandeur de la France... Alors parfois, on préfère lâchement fermer les écoutilles et se replier sur ce qui nous fonde, originellement. Parfois la sommes de ce qui est inné, de ce qui est transmis dès l'enfance, parfois, c'est difficile à défendre.
C'est pourquoi ce soir, même si ce qu'elle dit je le ressens dans mes tripes, même si je partage farouchement la quasi totalité de ses idées, même si j'attends impatiemment le débat de demain, le verdict de dimanche, même si j'espère tout ce que je peux... ce soir, je crois. mais je ne me sens pas d'humeur à militer.
19 avril 2007
Résolution n°10
Je voterai Ségolène Royal dès le premier tour car elle est
la seule qui propose, en matière de défense et de politique étrangère, domaine
régalien s’il en est, un programme qui ne soit pas entièrement tourné vers la
défense belliqueuse, qui prenne en compte les projets de coopération européenne
et qui s’intéresse à la situation sanitaire de pays en voie de développement.
Avec la promotion des médicaments génériques dans les pays en voie de
développement, elle témoigne en effet d’une prise de conscience réelle du drame
sanitaire se jouant sur le continent africain avec l’épidémie du SIDA et de
l’influence, parfois néfaste car mal encadrée, des grands laboratoires
pharmaceutiques dans la « gestion » de la santé. En outre, vouloir
renforcer la coopération européenne est bien le signe d’un européanisme assumé
et d’une volonté d’aller plus avant dans l’intégration communautaire, au delà
du vieil échec de la CED, et qui permettra à l’Europe de jouer un rôle
diplomatique fort au sein du conflit israélo-palestinien et d’adopter une
position unifiée et plus cohérente vis à vis des Etats Unis et du Moyen Orient.
Evidemment, les eurosceptiques pousseront leurs hauts cris habituels,
évidemment, il y a longtemps que l’Europe ne compte plus sur eux.
Nicolas Sarkozy en matière de défense met essentiellement en avant des objectif de réarmement et une logique tournée vers l’idée de conflit et de militarisme aigu. En transposant de cette façon la politique « volontariste » du ministère de l’intérieur à la politique nationale de défense, le candidat de l’UMP fait montre encore d’une conception plus que contestable de la sécurité nationale et internationale. Il n’est pas évident que le renforcement des équipements et des effectifs des policiers aient eu un réel effet dissuasif et « curatif » contre la délinquance et les violences urbaines, mais visiblement jouer les gros bras impressionne encore… Mais c’est surtout une politique étrangère intégralement tournée vers la défense militaire qui est déplorable à mon sens, et de ne pas prendre clairement position en faveur de développement et de coopération internationale.
François Bayrou au moins élargit
la politique étrangère au delà de la simple politique de défense nationale en
s’exprimant notamment sur le Darfour et l’action humanitaire et diplomatique à
y jouer. Toutefois, hormis ce point précis, il n’existe pas dans son programme
de proposition de plus large envergure concernant la politique étrangère hors
action militaire. Ce qui est me semble-t-il trop limitatif.
Une fois n’est pas coutume, mais à l’extrême gauche, deux candidates font preuve d’une certaine bonne volonté dans le domaine de la défense et de la politique étrangère : Arlette Laguiller en faisant montre d’un intérêt tout particulier pour la résolution du conflit israélo palestinien, et Marie Georges Buffet en adoptant vis à vis de l’OTAN et des USA des positions plus modérés que ses confrères Bové et Besancenot qui sont encore une fois dans le radicalisme et le repli sur soi le plus total.
A l’extrême droite, c’est un tout
autre discours que tient Jean Marie Le Pen que l’on sent déjà prêt à mener la 3ème
guerre mondiale avec une nouvelle course effrenée à l’armement et l’augmentation
de près de 50% du budget de la défense.
Mauvais élèves notoires : Philippe
De Villier, singulièrement peu disert sur la question, mais surtout Frédéric
Nihous et Dominique Voynet qui n’ont visiblement pas perçu l’ampleur de la tâche
présidentielle et qui ne considèrent pas la politique étrangère comme un domaine
primordial pour l’Elysée, en ne faisant tout bonnement aucune proposition en la
matière…
Parce que nous sommes à 3 jours
du premier tour
Parce que ce sera la dernière
résolution avant le premier tour
Parce que c’est opiniâtrement un
blog politique.
12 avril 2007
Résolution n°9
Je voterai Ségolène Royal dès le premier tour car elle est visiblement la seule, parmi les candidats à cette élection, à avoir complétement intégré les conclusions qui se sont imposées au cours de ces cinq dernières années en matière de justice et de sécurité. Qu'il s'agisse des drames et des dysfonctionnements du procès d'Outreau, des faits sociaux ou sociologiques plus diffus de violences urbaines ou civiles, ou encore des révoltes et émeutes qui ont soulevé les banlieues à l'automne 2005, ces problématiques apparaissent en filigrane dans son programme avec des propositions concrètes pour y répondre de la manière la plus juste qui soit. A cet égard, l'"ordre juste" n'est décidément pas qu'un état d'esprit.
Ainsi, elle met en avant le vote dès son arrivée au pouvoir d'une loi cadre contre les violences faites aux femmes, soulignant de la sorte sa volonté de donner des réponses réelles et solides à toutes ces femmes qui souffrent encore, en France, de violences conjugales, familiales, physiques ou psychologique, du seul fait de leur sexe et de leur existence.
De même, l'idée d'instaurer une date butoir pour la détention préventive et la présence d'un avocat dès la première heure de la garde à vue vient faire écho aux failles béantes que la justice française a laissé voir à l'occasion du procès en appel d'Outreau et de la Commission d'enquête qui s'en est suivie. Il s'agit en effet d'enfin consacrer de manière probante la présomption d'innocence.
Il faut aussi revenir sur cette célèbre proposition qui a tant fait scandale l'été dernier, l'encadrement militaire des mineurs délinquants, il faut la replacer dans son contexte: il s'agit de développer les centre éducatifs renforcer, avec si besoin un encadrement militaire, et supprimer les peines de prison pour les mineurs sauf dans le cas d'atteinte grave à la personne. Où est donc le scandale, dans ces conditions, que de recourir à l'armée pour pallier au manque d'éducation, au manque de repères et aux difficultés sociales et civiques de certains adolescents? Ne vaut-il pas mieux un encadrement militaire et éducatif, à vocation préventive et visant clairement à la réinsertion, à la reconstruction du lien social pour les jeunes délinquants, plutôt qu'un séjour en prison, destructif et déstructurant à bien des égards pour des adolescents, presqu'encore enfant parfois, en dépit de leurs forfaits, qui les baigne bien trop tôt dans un univers carcéral et stigmatisant, hypothéquant bien souvent leurs chances de réinsertion? L'armée n'est pas tabou si elle est utilisée à bon escient. L'armée c'est aussi la citoyenneté et le civisme, n'en déplaise aux antimilitaristes forcenés, et je le dis d'autant plus que je suis bien loin d'être une partisane de l'autoritarisme et du militarisme. A l'heure de la disparition de toute conscription, il me semble que l'armée moderne et citoyenne doit aussi être tournée vers la protection de la cohésion civique d'un Etat.
Nicolas Sarkozy n'est visiblement absolument pas dans cette optique là. En proposant d'établir des peines planchers pour les multirécidiviste, il est bien évident que l'on se situe beaucoup plus dans une conception punitive et isolante de l'incarcération que dans une logique curative de réinsertion post carcérale. Il faudrait en outre pouvoir étudier d'un peu plus près la notion de multirécidivisme, savoir ce qu'elle englobe exactement, et pouvoir se prévaloir contre les dérives sous-tendues par cette idée, tant en terme de crime considéré, que d'âge de la personne concernée.
En outre, vouloir instaurer une "note de discipline" à l'école et mettre sous tutelle les allocations des parents ne remplissant pas leurs responsabilités témoignent bien encore de cet état d'esprit culpabilisant et répressif souhaité par le candidat de l'UMP. En effet, quelle crédibilité peuvent avoir des parents déjà en difficulté dans l'éducation de leurs enfants s'ils se voient retirer la dernière légitimité parfois qui leur reste, le pouvoir économique, par la confiscation de leurs allocations? Il convient de rappeler ici à M. Sarkozy que les allocations sont des revenus de transferts sociaux, répartis selon une logique redistributive, et non des bons points, des images que l'on donne aux enfants sages seulement.
François Bayrou ne manque certes pas d'idées, mais il n'y a pas, je pense, dans son programme un tel sens des responsabilités comme on le trouve dans le pacte présidentiel des socialistes, et surtout, les propositions centristes demeurent bien abstraites et éloignées des expériences vécues par notre pays. Encore une fois, il s'agit davantage d'un consensus assez mou que de l'expression d'une réelle volonté politique de changement et de réforme.
La pauvreté des programmes d'Arlette Laguiller, Gérard Schivardi et de Frédéric Nihous en matière de justice et de sécurité est affligeante. Il semblerait que ces trois là ont traversé les 10 dernières années dans une des grottes de Lascaux et émergent à la réalité tranquillement quelques semaines avant les élections présidentielles. Les mêmes rengaines chères à chacun ressortent (la ruralité, la précarité...) à peine assaisonnée à la sauce "justice et sécurité", et voilà tout.
Du côté obscur de la force, les deux acolytes Jean Marie Le Pen et Philippe De Villier sont prêts à rétablir la peine de mort... A quand la torture? A quand les lettres de cachet?
A gauche, Dominique Voynet et Marie Georges Buffet pèchent me semble-t-il en ne proposant aucune idée concernant le fonctionnement de la justice en elle-même. Et si José Bové n'est pas avare de propositions en la matière, j'ai tout de même quelques difficultés à lui accorder le moindre crédit sur ces thèmes compte tenu du passif judiciaire de l'homme à la moustache... Besancenot enfin se pose ouvertement en démanteleur radical de la police et entend faire des quelques agents qui subsisteront après son passage de véritables bisounours sans aucune autorité, ni moyen de dissuasion... Mais comme nous serons alors sur l'Ile aux enfants, ce n'est pas un problème, n'est-ce pas?
Parce que nous sommes à 10 jours du premier tour.
Parce que "Si l'Etat est fort il nous écrase, s'il est faible nous périssons" - Paul Valéry.
Parce que c'est justement un blog politique!
10 avril 2007
Résolution n°8
Je voterai Ségolène Royal dès le premier tour car elle est celle dont les propositions en matière de communauté européenne sont les plus convaincantes et les plus réalistes.
En souhaitant soumettre au referendum un nouveau projet de traité, qui soit cette fois institutionnel et non constitutionnel, la candidate socialiste envoie un signal clair aux 55% de nonistes de 2005 et bien loin d'ignorer leurs revendications, tend au contraire à réouvrir la négociation en ayant pris compte du refus de donner un statut constitutionnel à des orientations de politiques économiques notamment. En outre, sa volonté marquée de vouloir renforcer la coopération européenne en matière de recherche, d'écologie et d'énergie souligne son adhésion à un projet communautaire progressiste, conscient des enjeux et des contraintes naturels de notre époque. J'ajoute qu'elle est la seule à se positionner ouvertement en faveur d'une réforme des statuts de la BCE, si conservateurs et rigides aujourd'hui, pour permettre à l'économie et à la politique monétaire européenne de gagner en réactivité et en crédibilité sur les marchés financiers, à l'instar de la Fed américaine notamment.
Nicolas Sarkozy, s'il est certes favorable à une réévaluation de l'Euro et par là même à certaines retouches concernant la BCE, ne va pas plus loin en terme de politique monétaire. Et, surtout, affiche clairement son opposition à l'entrée de la Turquie dans l'UE, après l'entrée des 10 derniers nouveaux pays et 15ans de négociations...
Il en va de même, de façon moins radicale cependant, pour François Bayrou. Les Turcs devront se contenter d'un compromis bancal, de coopération euro-méditerranéenne qui anéantirait tout espoir d'adhésion pour la Turquie.
Mais de quoi ont-ils peur? Sitôt que la Turquie remplira les conditions préalables pour entrer dans l'Union (qui impliquent, à mon sens, indiscutablement la reconnaissance du génocide arménien), en quoi sera-t-elle moins digne de l'UE que la Roumanie ou Malte?
Il y a l'argument du poids démocratique, cependant, au coeur d'une Europe de 28 pays alors, cela me semble être assez relatif.
Il y a l'argument de l'immigration, mais si la Turquie entre dans l'Europe, elle bénéficiera comme les nouveaux entrants d'aides au développement et ce phénomène ne saurait sans doute perdurer.
Il y a l'argument de l'Islam, nous y voilà, cher aux hurluberlus de l'extrême droite. Mais l'Europe ne doit pas être un club chrétien. Et quand bien même elle le serait, la belle affaire que de parler là d'une quelconque unité, quand on se souvient des guerres fratricides entre les protestants, les catholiques et les orthodoxes. Ce n'est pas l'Islam qui est à craindre, ce sont les fondamentalistes, comme dans toutes les religions.
L'Europe n'est pas le fruit de la chrétienté. Elle est le fruit du bassin méditerranéen, qui s'abreuve, depuis près de 3000 ans, du mélange des cultures occidentale et orientale. Rappelons nous que c'est Xénophon le Grec qui éduque le prince perse Cyrus, rappelons nous les mosaïques arabes en Andalousie, rappelons nous d'Alexandre le Grand, le Macédonien, qui remonte jusqu'au coeur de l'Asie. L'Europe ne s'arrête pas aux frontières érigées par le christianisme.
Très à gauche, Olivier Besancenot voudrait faire table rase du passé en supprimant tous les traités antérieurs et étatiser les services européens. Quand on connaît le grand sens politique et économique du monsieur, on a déjà hâte de voir tout ça! Gérard Schivardi pour sa part s'illustre dans le repli nationaliste tandis qu'Arlette Laguiller souligne encore une fois son incompétence en matière de politique européenne en ne proposant rien d'autre que la liberté totale de circulation et d'installation au sein de l'UE, un peu court toutefois. José Bové et Marie George Buffet quant à eux, s'ils débordent de propositions, demeurent désespérement marqués par la volonté de caler tout le système européen sur les règles du modèle social franco-français... mais il y a 26 autres pays dans l'Union avec la France messieurs-dames, savez vous?
Dominique Voynet enfin a des propositions intéressantes, en matière environnementale et fiscale notamment, mais pourquoi ne s'être pas rallier aux socialistes, sincèrement? Leurs idées si concordantes souvent, et qui se complétent parfois auraient pu former un très bon programme de coalition Socialiste-Ecologiste, une nouvelle gauche plurielle débarrassée des contraintes stériles des anti libéraux, qui se serait inscrite dans la modernité et le développement durable au sens global du terme.
Doit-on encore évoquer les autres, farouchement anti européens? Chez Frédéric Nihous, Philippe de Villiers et Jean Marie Le Pen, la défiance, la méfiance, le rejet de l'europe et le repli nationaliste sont à leur comble. C'est ce genre de programme, dont on a l'impression qu'il date de la IIIème République, vous savez?
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