17 mars 2007

Cinq et Deux Sept

Polysémie fait pas mal de bétises, polysémie milite, polysémie joue de la flûte, polysémie fait plein d'autre choses encore, mais pour l'instant, polysémie ne s'est pas présentée...
Pour ce faire, et pour éviter le "quand j'étais petite, je n'étais pas grande" (alors que si en fait!), petit exercice sympathique, empruntée à quelques bloggueuses (non moins sympathiques)...

1987: j'ai trois ans. Ma robe est boutonnée à l'envers et mes cheveux sont en bataille, maman n'était pas à la maison ce matin, c'est papa qui s'est occupé de moi... Il est midi et demi, je suis assise sur les toutes petites chaises de la cantine de l'école maternelle. je sépare consciencieusement les quartiers de clémentine les uns des autres, j'aime bien faire des bonhommes avec après, deux quartiers face à face pour le corps, deux quartiers alignés pour chaque jambe, un quartier pour la tête... Soudain, mon papa arrive par la porte de service de la cantine, adresse quelques mots à la dame qui nous surveille, me soulève très haut dans ses bras. Mon papa c'est le deuxième papa plus grand de l'école. J'ai gardé les quartiers de clémentine dans ma main, mon papa m'emmène à la clinique rejoindre ma mère... et ma soeur qui vient de naître.

1992: j'ai huit ans, presque. j'ai les cheveux courts et en bataille, j'ai ma tenue de "garçon manqué". C'est la fin des vacances d'été, j'ai joué dehors tout l'après midi. Ma soeur et moi attendons dans une salle d'attente à la clinique, mon père vient nous chercher, nous entrons dans la chambre. La toute petite est déjà au sein de ma mère, dans un pyjama jaune. Le même jour ou presque, la chienne a mis bas, on lui a retiré une partie de ses chiots, il lui en reste deux,  elle s'est cachée dans un grand terrier dans un coin du jardin, je suis la seule qui peut l'approcher.

1997: j'ai treize ans. J'ai lu le Rouge et le Noir, je suis Julien Sorel et je suis amoureuse de Madame de Rénal. Je me terre dans mon adolescence, je lis et j'écris comme si mes jours en dépendaient. Quand elle m'adresse la parole, plus rien n'existe autour, quand elle s'approche de moi, mes jambes se dérobent, quand elle me donne un conseil, j'en fais une maxime. Je ne m'aime pas, je nie mon corps, je ne suis qu'un pur esprit. Je veux faire de la littérature toute ma vie, je serai écrivain, un jour, sous un pseudonyme masculin.

2002: j'ai dix huit ans. Je suis entrée en hypokhâgne, à Brest, je fais du grec et du latin, je suis spasmophile, violemment, et je tombe amoureuse, pour de vrai, d'Elixir, ce n'était pas prévu, je ne contrôle plus, ça fait très mal au début. Un peu plus tôt dans l'année, Le Pen est passé au premier tour, je n'avais pas encore l'âge pour voter mais je suis descendue manifester dans les rues, entre deux bacs blancs, et à tout jamais, je voterai utile.

2007: j'ai 22 ans, et demi. Je termine Sciences Po, à Aix, je termine mon mémoire, enfin, et je prépare les "concours sociaux". Je suis toujours aussi amoureuse d'Elixir, nous vivons ensemble, je participe aux réunions d'SOS Homophobie, je commence un blog, pour voir, j'essaye de continuer d'écrire, de reprendre la flûte, de lire encore un peu, et dans quelques semaines, je vote pour ma première élection présidentielle, utile bien sûr.

Posté par polysemie à 12:03 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Cinq et Deux Sept

    contente que tu sois venue

    ça m'a permis à moi de venir faire un tour sur ton blog rouge!
    J'aime ce que j'y lis et comment c'est écrit...
    Je reviendrai c'est sûr.

    Posté par emy, 17 mars 2007 à 21:53 | | Répondre
  • Merci

    Emy> merci de ta visite et de ton agréable commentaire, et bienvenue ici!

    Posté par Polysémie, 18 mars 2007 à 12:45 | | Répondre
  • Quelques oublis...

    Tu as dix-sept ans, tu arrives au lycée avec la marque de ton casque de scooter sur le front, les cheveux en bataille, toujours, et coincée dans ta grande doudoune noire à la fermeture éclaire blagueuse récalcitrante.
    Tu as dix-huit ans, en vacances, en camping, tu fais des pâtes avec trop de sel et on se dispute parce que je préfère acheter un pantalon (immonde, d'ailleurs) plutôt que d'aller à Belle-Ile avec toi. Résulat: j'ai porté ce pantalon deux fois dans ma vie et je ne suis toujours pas allée à Belle-Ile!

    Posté par Elsa, 25 mars 2007 à 00:36 | | Répondre
  • Non mais...

    ...quelle dignité je garde après ça moi? mmh? Bon, contente tout de même de te revoir dans la bulle cybernétique zabounette!

    Posté par Polysémie, 25 mars 2007 à 10:18 | | Répondre
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